Catalogue des notes de guitares
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MUSIQUE PRATIQUE,
MÉTHODES
Pour apprendre la Mu1ique, même à des aveugles, pour former Ta voix & l'oreille, pour la pofition de la main avec une méchanique des doigts fur le Clavecin & l'Orgue, pour l'Accompagnement fur tous les Infirumens qui en font fufceptibles, & pour le Prélude; Avec de Nouvelles Réflexions fur le Principe fonore.
Par M. RAMEAU.
A PARIS,
DE L'IMPRIMERIE ROYALE.
M. DCCLX,
TABLE
des Chapitres contenus dans ce Volume.
CHAPITRE I.
: A
.1VOUV EAU moyen d'apprendre à lire la Afeque.
ARTICLE I. Des Gammes. Page Z:
'A R T. I I. De l'application des Gammes aux doigts de la
main. 6
R T. I I I. Des Des, Bémols & Béquares. 8
ART. I V. Des Clefs cr des Traeofitiohs. Ibid.
CHAPITRE II.
De la pofition de la main fin. k Clavecin ou !Orgue. i r: CHAPITRE
Aljthode pour former la Voix. I 2
ARTICLE 1. Moyens de tirer les plus beaux Sous (kW la noix efl capable , d'en augmenter l'étendue efr- de la rendre flexible. 12
ART. I I. Moyen de fixer l'oreille eie fa Poix fur le méme
degré CH s'accompagnant. z r
CHAPITRE IV.
De la ?Welitre. 23.
a
TABLE
CHAPITRE V.
Méthode pour l'Accompazgnemenr. 24
Lre LEÇON En guoi (algie l'Accompagnement du Cla-
vecin ou de l'Orgue. Ibid.
I I.. Des Accords. 25.
I I I.. Du renrcrfement des Accords. Ibid.
I V De la méchanique des doigts pourries Accords;
leur fitccegion , leur reureetent, er leur Balle fondamentale. 2 6.
V .. Du Ton ou Mode. 29:
Y I Termes en ufitge pour la Bafe fondamentale
e5, la continue, arec quelques ObfrIVali011S en coequence. Ibid.
V II. . De l'enchaînement des Dominantes. 3.o.
I I I.. De la note hfible , de fini accon!, des-
Accords renons , de la préparation à ' reliait», .!es Detances , & de leur Baffe fimdamtwtale. 3 1:
I X. • • Des dem genres de Tierces cY de Sixtes ,
oit il s'agit des Des , Bémols cfrl 131quares. 3 5
X Rapport du Ton mineur avec le majeur dont
il dérive. 36
XI .. Des Cadences. 3 8.
X I I Des Tons traeofis.
X111 ...... . . . Rapport des Tons. 43:
X I V De l'entrelacement des Tons dans leurs
cadences, oit les Ioniques fe fitaident en defiendant de tierce dans Ici Baie. 45.
DES CI-IAPITRES.
X V.` LEÇON Quels fout les Accords qui fitivent générale-
ment le Parfait. 46
X V I Du Double emploi. • - 48
X V II ... Moyen d'entrelacer les Tons les plus relatifs
dans un enchaînement de dominantes. 49
X V I I I De l'enchaînement des Cadences irrfgulières.
5°
X IX . . . Stecqfion communes aux Cadences. 54.
X X Des Accords communs à diprentes toniques,
où il s'agit de la fivte füperfluc. 5 5
X X I Des Suppojitions e »enflons. 5 6
X X I I.. ...... Entrelacement de lippe-dons arec des
Accords parfaits. 59
XXIII Des cadences rompues à ' interrompues. 6 r
X X I V ... Suite diatonique de plieurs Accords de
fixte généralement faiblie 4.ux cadences , dont la règle de hélice tire fan origine. 64 X X V De /a Septième. diminuée, fous le titre de
petites Tiercer. 65
X X V I Du genre Chromatique. 66
XXVII Du genre Enharmonique. 6S
XXVII I De la imams de la Baffè continue aux
Accords. 69
XXIX ...... De k Secope. 70
X X X • Diflittélion des Confonances à - des Disè. natices; de la ',qu'aillait des dernières , à de la Iiaifcut. 7 (
X X Xl Gy& de l'Accompagnement. 7 3
XXXI I.. . . Manière de chiffrer la Basé. 74.
ai]
7Y TABLE
CHAPITRE VI.
Méthode pour la Compolition.
CHAPITRE VIL
De la Baffifondamentale , titres & qualités des notes qu'on
y emploie, dr de leur fiteceffion. 8 ri ARTICLE I. Principe de l'harmonie à ' de la mélodie. Ibid.. 'A R T. I I. Des toniques, ou cenfires telles. Ibid:
R T. III. Des dominantes• dr fous-dominantes. 82'
A RT. I V. Marche destoniques. Ibid.
RT. V. Marche des dominantes à ' fous-dominantes. 8 3,
A RT. V I. Des repos ou caelences qui font commitre leur Bafe
fondamentale , qui eu occafionnaa fouvcnt
d'arbitraires, dont le doute s'éclaircira par
voie du diatonique. 84.
R T. VII. De la cadence t'ariette. 87,
RT. VIII. De la cadence interrompue.• 8 8.
A R T. I X. De la cadence irnulière. Ibid.
ART. X. Du double emploi. Ibid.
A R T. X 1. Des Baffes fondamentales communes à un mâne
accord de à diprens Tons.
A RT. X I I. Des notes communes à demis accords, de
leurs Bafla finulamentales arbitraires. 911
A R T. XIII. Choix dans la fixa: filon fondamentale. 9 2
A R T. X I V. De la durée des notes fondamentales cfr' de lel baye. Ibid
DES CHAPITRES.
'ART. XV. Origine de toutes les variétés de la Baffe fondamentale , par coequent de l'harmonie , comme de la mélodie, où il s'agit des cadences. 9 31
ART. XVI. Des intervalles ne'ceirement altérés dans la modulation. 95.
ART. XVII.. Préparation d' réfidution de la relance , oit l'on parle de la feer,lion , (les notes qui dans l'harmonie fe comptent pour rien , efr' des cadences roques & interrompues. 96
CHAPITRE VIII.•
'Men de trouver la Be fondamentale fous tin Chant' donné. 99:
:r." Mo Y EN. Accords, repos ou cadences.
Tierces , quartes cfr. quintes. 100'
.3•C Tenues d'Oélaves cr â Quintes avec Baffe
fondamentale arbitraire. i o 2:
Diatonique avec Bre fondamentale arbitraire;
oit l'on parle des notes communes à derme. Bres fondamentales. 10 4
Diatonique, 11111 en montant qu'en defiendant
dont chaque note répétée dans la mieme meliae ; ou fincopée , peut recevoir deux Des fondamentales dipentes , outre l'arbitraire qui peut. s'y rencontrer.
Entrelacement d'accords confimans »mua,
11111 en duo qu'al trio , par imitations , tire' des cadences cfr' de l'enchaînement des dominantes; • où la fivte fillerflue fc trouve empkyée. 111!
7e: ... . . . Genre chromatique. .1 8,
a ijj
TABLE
8.' MOYEN. Genre enharmonique. s z 3'
7. , .. Des licences , oit il s'agit encore de la flippolitiou ,
de la fitheilion , de la frite fiperflue ' de la fyncope. 124
o C . Imitations, Fugues, Defféins efr' Canons, où il
s'agit encore â la fixe fiiperflue. 1 29
CHAPITRE IX.
133
CHAPITRE X.
De la Modulation en général. 135
CHAPITRE XI.
Du rapport des Tons, de leur entrelacement, de la longueur de leurs phrafts , coequemment à leurs rapports , du moment de leur dent, de de la marchefondamentale. 138
n
CHAPITRE XII.
Notes d'ornement ou de golh , oh l'on traite encore de la Modulation. 151
1111•111■••â–
CHAPITRE XII I. De la compoltion à rie. pallie!.
CHAPITRE XIV.
De Pt...vin:Pu. .165.
DES CHAPITRES.
CHAPITRE XV.
:Méthodepour accompagnerfans chiffies. 171:
....
OBSERVATION I. Des cadences en général, de leur renverfé-
ment !l de leurs imitations. 172.
OBSERV. 11. De l'ordre diatonique. 174
OBSERV. III. De l'entrelacement des Tom. 17 5.
CHAPITRE XVI.
Alethoefe pour le Prélude. 178,
NOUVELLES RÉFLEXIONS fie le Principe fonore. 1S 9.
Développement des Nouvelles Rexions. 19 3!
De la Proportion double. 19Z
De la Proportion triple. :19 8
De la Proportion quintuple. .204
Origine des Difonances. 2 o 6
Du Principe. 212
Coequences des Réflexions préceVentes pour tori8ine des Sciences. 215
Quellion 228.
1g
Fautes à corriger.
PSC E 33, ajoutez à la fin du quatrième à linea: Ccttc coda:tance dl
tortjours ici la tierce, comme on doit le reconnoitre par
les trois lignes tirées d'une note à l'autre dans l'exemple B.
46, EXEMPLE C, iifez EXEMPLE G.
6o, Sixième c /Mea , X11" , 1ifer, XVIII.' Leçon, page fo.
, A la jin de la cc Ton régnant, fifi• fon Ton.régnant , qui di le mineur de mi: fix lignes plus bas ,ily a le Ton régnant, //fez le premier Tun régnant.
98, Deuxième ligne, il y a tierce, /if•t quarte, be effiteezla
treifiéme ligne jufilu'à ces mets , fe fauve , &e.
e, Quatrième ligne du troifième â linea, il y a fcptièmc, //fez quinte.
Job, Effacez le point & la virgule qui font à la fi:dème ligne du troilièmc à linea.
*1 t9 , Sixième ligne du cinquième à linea , mineur, //fez majeur. 224'. , Septième .ligne, première B. F. lez B. F. du 3.` L. 12•, Le dernier c qui rcnvoyc à l'exemple, indique k dernier
accord gle la deuxième accolade.
137 , Virgule errant le met & de la pénultième ligne du deuxième à linea.
137, Dernière ligne du premier à /inca, Moyen, il y a
page t t t , litez articles XIV & XVII, pages pz,
93 & 96-
Supprimez la note (t).
Dans la mte ( i ), lifet feulement tic la page 58, au lieu de ce qui fuit ces mets, dernier à lima.
L'origine du double emploi, clans les louvellts liCilexions, &c. m'a fait rcconnoitrc qu'une dominante mirée. tonique, pouvoit defccnclre fur la fous-dominante, portant f. fi.vte ajeetée , & repréfentant pour lors , Mon le cas, la fu-tonique dont clic porte la mèmc harmonie.
217, Premiére ligne, retranchez le owt cptre,
147
275
PLAN
ix
go!t•etts.4i1detootatuetsitsettitzetteltuteetjetsitteturteettelidttettelbehette. * I****•**4 4tie************************4 010************, eneee.;•"Seei"e14"2,1"ei nienetteketietteeetleneeieeSen c't4 eereieeignç"..
PLAN DE L'OUVRAGE.
JE crois qu'il flet cl'expofer le Plan des fcpt Méthodes dont cc Code de Mutique cli compofé ;
en y ajoiltant quelques légères réflexions , pour fà tisfairc les Curieux fur les différcns objets auxquels ils voudront s'appliquer , mc réfervant néanmoins de m'étendre un peu plus ( au cas qu'ils veuillent pouffer leurs viles plus loin) fur les Nouvelles Relexions drc déduites à la fuite de cc Code.
La première de ces méthodes di pbur enfeigner la Mutique, mémc à des aveugles; il ne s'y agit que de la gamme ordinaire divifée en trois, l'une fclon l'ufige, l'autre par tierces , & la dernière par quintes : cc n'a qu'une affaire de mémoire dont on peut mémo amufcr les enflas, jufqu'à cc que ces trois gammes leur foicnt bien préfcn tes à l'efprit clans tous lès ordres fpécifiés, avant que de les occuper d'autre chofc, linon de les acco'ùtumcr petit à petit à rcconnoîtrc clans l'objet, qui leur tiendra lieu dès cinq lignes où fc placent les notes, les lignes & les milieux où doivent fe trouver celles qu'on leur nommera. On y recommande fur-tout d'Accompagner, avec une harmonie complette , tout cc qu'on lift chanter aux Commençans , & cie leur enfeigner l'Accompagnement du Clavecin ou de l'Orgue, dès qu'ils pourront aifément rcconnoîtrc fur les cinq lignes où doit fç placer une telle
k PLAN
note, Toit à la tierce, à la quarte, &c. de celle d'où l'on partira :.leur oreille s'accoûtumcra infcnfiblcmcnt à fcntir la différence des intervalles , & c'efl l'unique moyen de les rendre promptement Muficiens. L'oreille fc forme difficilement à chanter feu!, même en duo; c'cfl l'ouvrage de l'Harmonie, qu'on ne s'y trompe pas , la Nature nous le dit afrez par la réfonnancc du corps fonorc.
Si le François fa fût nourri d'Harmonie dès les premiers momens de fon penchant pour la Mutique, il fcroit devenu Muficien comme les plus grands Maîtres , du moins par le même canal qui les a tous formés, c'efl-à dire , par l'oreille; cc qui fuflit à qui ne veut que jouir: le Poac fans doute en auroit profité , & connoîtroit mieux cc qui convient à l'Art.
La deuxième méthode donne la pofition de la main fur le Clavecin & fur l'Orgue , avec toutes fes dépendances, de forte qu'elle y fcrt également pour lespièces & pour l'Accompagnement, même pour tous les arts d'exercice. Cette méthode fc trouve ici placée pour fervir à celles qui t'ilium.
La troitième méthode contient l'art de former la Voix , c'eft-à -dire, qu'elle cnfcignc à tirer de la Voix les plus beaux fons dont elle cil capable dans toute fon étendue , d'où fitivent les moyens d'augmenter cette étendue au delà , des bornes qui paroiflent d'abord naturelles, & (l'arriver à toute la flexibilité nécetraire pour exécuter les plus grandes difficultés; méthode non encore. utitée en France, où l'on fc contente d'enfeigner le
DE L'OUVRAGE. ei5
goût du Chant, lorfque ce goût ne peut naître que du fentimcnt qui ne fe communique point. Le défaut de connoiffance fait qu'on s'en tient au hafird , qui donne aux uns les facultés dont il s'agit, & les relie aux autres. Plus on cil fenfible à . la perfedion, plus on fe prefre d'y arriver; alors le travail , la gêne, la torture , tout s'en mêle , de forte que plus on avance dans la courre, plus on s'éloigne du but, parce qu'on a pris la mauvaife route : on perd un temps infini dans ce labyrinthe , on fe décourage à la fin; & toute la confolation qu'on croit pouvoir en tirer, c'ell d'attribuer à là Nature des vices que de mauvaifes habitudes ont fait contraeler, & qu'il feroit bien facile de réformer, fi l'on vouloit oublier qu'on a jamais chanté, pour rentrer tout de nouveau dans la carrière: il ne faut pour cela que cordiance, cmdlance patience , fur - tout prendre la peine de n'en point prendre ; la grace en dépend; elle eft incompatible avec la gêne. On peut dire que les graces font filles clé l'aifance , comme elles font compagnes de la beauté: & qu'eft-ce que la beauté, fi cc perfection
L'extrême étendue & la grande flexibilité dos voix chez les Italiens, doivent certainement prévenir en fil- Item d'une méthode qu'on tient en partie d'eux ; on y *Cite feulement un moyen, par lequel toute perfonnc d'une oreille fenfible pourra juger de la plus grande beauté du fon, puis un AccoMpagnement très-néceflitire pour entretenir les fous fur le même degré quand on les file , car il dl afrez commun aux Commençans de les
Li;
xij PLAN
Itauffer en les enflant, & de les Mirer en les diminuant. Cet Accompagnement pour le Clavecin ou l'Orgue fe conçoit & s'apprend à la première ledure. En cela, comme dans tout le relie, k moyen d'arriver promptement eft de fe bien examiner dans toutes l'es opérations & de ne point fe preffer. Voyez marcher cet cnfint au fortir du berceau, fc preffe-t-il ! hélas! il n'ofc encore, il fent qu'il tombcroit ; mais infenfiblemcnt ft force augmente , fcs mouvcmcns fc forment , fon courage s'évertue, il arrive enfin à courir comme les autres Ems trop (avoir comment. Voilà l'image & l'exemple dé notre Élève en Mutique; il lui ruait d'être bien dirigé. Le progrès dans les arts marche comme l'aiguille d'une montre, clic avance toîtjours fans qu'on s'en aperçoive.
La quatrième méthode regarde l'Accompagnement du Clavecin ou de l'Orgue; clic di totalement établie fier le plan que j'en ai donné en 1732, excepté que je l'ai foômife aux chiffres en ufitge , où les doigts d'un côté, & l'oreille (le l'autre, préviennent toôjours à temps & à piopos le jugement. Cette méthode femble être imaginée pour les Aveugles, comme il femble aufli que la Nature ait prévît que la marche la plus naturelle aux doigts fur le Clavier fuWoit exaaement l'ordre le plus régulier de l'harmonie. Cette marche cil une pure méchanique , dont l'acquifition peut fc faire en moins de deux mois d'exercice , avec une main roupie & toûjours obéiffinte.au mouvement des doigts; cc qui demande toute l'attention poffible: auffi n'eft-ce pas fans raifon
DE' L'OUV J? A G E. xi
qu'on a cru devoir s'étendre fur la pofition de la main , dont dépend le prompt fuCcès. Par cette méchanique, bientôt les doigts prennent, pour ainli dire, connoiffance du Clavier; connoitancc d'autant plus nécelaire, que l'oeil doit tottjours tare porté fur la Mutique qu'on Accompagne; connoitance qui d'ailleurs nourrit l'oreille de toutes les routes harmoniques, pendant qu'elle pré:- fente à l'cfprit un exemple fidèle de toutes les règles dont il doit ètre inftruit ; de forte que le jugement', l'oreille & les doigts d'intelligence concourent enfemble à procurer en peu de temps les perfcElions qu'on peut defirer en ce genre : telles font du moins les viles de l'Auteur. Par exemple , fans regarder le Clavier ni les doigts, après les avoir arrangés pour un premier accord, on reconnoît fier le champ au fcul tac , & la Baffe fondamentale , la dilronance quand il y en a. Sans s'occuper dés règles , toutes les marches poffibles s'exécutent dans leur juflc précifion & dans toute la promptitude néceffaire. Ces doigts inteparent & Aurait toutes les difronances comme d'eux-Id:mes: connoît-on l'une des deux notes à la fccondc, totijours indiquées par ces chiffres , 14, 7 ou z , l'autre fc trouve fur le champ & tout l'accord ci-Amble, ne s'agitant pour cela que d'arranger par tierces les doigts qui retient, dc quelque côté que cc Toit, l'octave de la Baffe repréfentant par-
tout la féconde tic 7 & de z , l'une au défais, l'autre au débous : le plus bas des deux doigts, à la fécondé
l'une dc l'autre, dcfccnd tonjours d'un demi-ton fur la
lij
Documents manquants (pages, cahiers...)
NF Z 43-120-13
xvj PLAN
nous le faire continuer aie long- temps que nous le voudrons, même avec les variétés de modulations les plus agréables. On s'explique d'ailleurs, dans la méthode, fur les talens qui ne fe donnent point, mais qui fc développent à mcfurc que l'oreille fc forme ; & pour cet effet, il faut écouter fouvént de la Mutique de tous les goûts. Embrafrer un goût nationnal plutlôt qu'un autre, c'efl prouver qu'on eft encore bien novice clans l'Art. • On doit juger, fur le modèle de nos fenfiltions en Mutique, c'ctt-à -dire, fur cc qui réfultc de la Trompette ou du Cor, quelle doit être notre aptitude pour la Compofition c'cft pour lors qu'il faut fc méfier de fa préfomption. Sentir le fond d'harmonie fur lequel roulent les Airs de Trompette, c'eft déjà beaucoup, quoique cc ne foit•ricn encore en comparaifon de cc qu'il faut fcntir de plus. Quelle opinion avez -vous de l'Auteur des Tymbalcs, qui donnent jutlement la Baffe fondamentale de ces Airs en qucflion ! on a pû l'en applaudir; mais en a-t-il été beaucoup plus avancé pour cela! 11 a fait de la profsfans le favoir, fi le bon mot de la comédie peut être hafà rdé fur un pareil fui«, & voilà tout. Lirez Zarlino , cc Prince des Miliciens félon quelques-uns, reconnoiffez combien il étoit cncorc borné : voyez toutes les méthodes de Compofition & d'Accompagnement qui ont paru depuis, vous y trouverez bien quelque chofe de plus, mais non pas tout, à beaucoup près. Or, s'il a pft échapper des connoifinces, tant du côté du jugement que du côté du fentimmt, à des perfonnes
nourries
DE r.OUV_RAGE. Xvij
nourries dans l'Art , & qui ont cru pouvoir y donner des loix , jugez de cc qui doit vous manquer, à vous qui n'êtes guère plus avancé que l'Auteur des Tymbales, & qui voulez décider : cela vous fuflit cependant pour entrer dans la carrière ; mais ne vous flattez pas trop. Savez- vous, ou 1-entez-vous, par exemple, dans quel Ton débute un Air, s'il dl majeur ou mineur; dans quel rapport dl celui qui le fuit, fi fcs phrafcs ont une longueur proportionnée à fon rapport, quelles en font les cadences, dans quel moment il change; diflinguez -vous aifément un intervalle d'un autre; fcntcz-vous la différence du majeur
eur au fiiperyil, du mineur au diminué, du demi-ton diatonique ou majeur, au demi-ton chromatique ou mineur, d'une quarte à la quinte, &c. Savez-vous feulement laquelle des deux vous entendez! & vous voulez décider, encore une fois, fans pouvoir même juger fi le défaut vient de l'exécution ou (le la chofc : attendez, vous êtes en chemin, mais un peu trop loin du but : vous trouverez de vous- même , par exemple , la Baffe fondamentale dc tous les repos d'un Chant (a), & ces repos fe font fou- vent fentir de deux en deux indures, du moins de quatre en quatre : n'eft ce pas déjà beaucoup f infenfiblement vous irez plus loin & vous arriverez. Souvenez-vous de l'aiguille d'une montre.
Les deux dernières méthodes , l'une pour Accompagner fans chiffres, l'autre pour le Prélude, tiennent tout des deux précédentes , dont il ne s'agit que (l'expliquer
(a) >iouveau Syne= dc Mutique, Chapitre X, }gage
xvrq
PLAN
les principes ; relativement à leur objet. Trouver la Balte fondamentale de tout Chant donné , doit certai-_ nement fupplécr au chiffre, puifque la Baffe fur laquelle on dillribue l'Harmonie en un Chant. Avoir toutes les routes fondamentales fous (es doigts , par l'exercice qu'on doit en avoir fait fur les. exemples qu'on en donne, il y a là de quoi fournir au Prélude , dont la variété cil même affignée par les renverfemens palles & connus; on fuppore d'ailleurs une habitude acquife fur le Clavier par un exercice de difiérens Airs, d'où l'on tire mille petits ricochets , plus agréables les uns que les autres; pour l'ornement du Chant.
Par ces méthodes, on (aura comment il faut enfei-. gncr, (Sc comment on doit l'être.
Il faudra réparer les exemples gravés du livre des Méthodes, du moins lorfqu'il s'agira de l'Accompagnement, pour les placer fur le pupitre (l'un Clavecin pendant que les méthodes feront à côté , de façon qu'on puiffe aifémcnt jeter la vtic de côté & d'autre.
Les Curieux qui voudront pafrer (k la pratique Zila théorie, ou de la théorie à la pratique , ne feront peut- être pas fâchés de trouver , à la fuite du Code, de Nouvelles Rdlexions frrr k principe forma.: il y dl qucf lion , entr'autres, de deux découvertes, l'avoir, la proportion géométrique dans la réfonnancc du corps fonorc, & l'origine des diftonances dans une quatrième proportionnelle. Quoique cc dernier moyen fois très-familier au Géomètre, il a mieux aimé attribuer cette origine
DE L'OUVRAGE. etiv
à l'Art, que de porter plus loin fcs vnes, rebuté apparemment de fcs vaincs recherches dans cc mémé Art. Comment a-t-on pît cependant attribuer à l'Art cc qui doit paroître avoir été naturellement infpiré prdque de prime abord à tous les hommes, comme le prouve la gamme ut ré mi fi, drc. fur laquelle font fondés tous les fyflèmes dc Mutique, jtifqu'à mon Traité de l'Harmonie, & dont l'ordre forme par-tout diffonance d'une note , ou d'un Son à l'autre. .
Ccs nouvelles Réflexions m'ont conduit à forure un Hifloire fur le compte du premier homme, où l'ordre que je lui fils tenir dans fcs recherches, n'eti autre que celui que j'ai tenu à peu près dans les miennes.
Cette Hiloire lm conduit à fon tour à l'origine des Sciences, où je compte arriver par une euefion décifive, fivoir laquelle de ces cieux connoiffinces , celle de l'arithmétique ou celle des rapports harmoniques a dû conduire à l'autre:
Les nombres font de (impies lignes, qui n'ont d'autres vertus que celle dc repréfentcr les rapports qu'ont entre eux les différcns objets qui frappent nos fcns; & comme il ne petit naître d'idées en nous que de ces différens objets, il ne s'agit clone plus que de connoîtrc celui dont on a pû le plus facilement tirer les lumières dont nous fornmes éclairés aujourd'hui. Les nombres font les outils ide l'Arithmétique, l'Arithmétique eft celui clé la Géométrie, & de la Géométrie nous obtenons les Sciences.
xx PLAN DE L'OUVRAGE.
Toutes les Sciences ne font point encore découvertes; le principe en efl encore inconnu: l'Analyfe , quoique elle doive immortalifer fes Auteurs , n'a 1)(1 nous filire pénétrer jufque-là . Cc principe nous cil donné dans un phénomène dont la Nature a bien voulu nous faire part, en nous y prefcrivant toutes fcs loix primitives dans l'ordre de la fyntlièfe. Qu'en penfer! fi la Mutique s'eft refufée aux recherches du Géomètre, totijours préoccupé de fon analyfe , & fi tous fcs myflères fc développent aifément dans l'ordre de la fynthèfe, cela ne . demande- t- il pas qu'on y réfléchiffe
CODE
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CODE
DE MUSIQUE PRATIQUE;
o u
MÉTHODES
Pour apprendre lia Me que, mÉme à des aveugles ;
pour former la voix à Pareille, pour la polition
inaht arec une méchanique des doigts fin. le
Clavecin Pagne , pour faccompagwement
fia- tous les ierumens qui enfont.fieynibks , b'c.
CHAPITRE PREMIER.
Nouveau moyeu d'appendre à lire la llfeque.
ARTICLE PREMIER.
Des Gammes.
TE propofe ici (rois gammes comme les racines tle toute •1a J Abrupte punique, fois pour apprendre à la lire, fuit pour l'exécuter, fout pour en compofie.
En (Aret, les confonnanccs, les diflimances, leur renverfèment,
A
CODE
l'ordre des diètes & bémols, la tranfpofition , les fons fonda-: mentaux du mode ou ton, les cadences (a) c'en- à -dire la fucceflion naturelle de ces mêmes fons fondamentaux, dont fe forment des repos plus ou moins abfolus, & toute la modulation tain en harmonie qu'en mélodie, la fucceflion particulière des toniques enteelles, en un mot tout efl compris dans ces gammes, à la réferve du chromatique & de l'enharmonique.
Gamine diatonique.
3i:. 5,1*
ton 1111.i.mt-ronf1 ton
Ut ré fol ton la ton triton fi ut
derelon
Cette gamme s'appelle diatomique, parce qu'elle marche par les tons naturels, autrement dit par les moindres degrés naturels la voix. '
Gamme par tierces e fixtes.
s.'
art mi foI fi ré fa la ut
Gamme par quintes de quartes.
rate 5.'e 8.e
ut fol ré la mi fi fa ut
Il faut avoir ces trois gammes tellement préfentes à l'efitrit; qu'on puiflë les réciter de mémoire, non feulement en les commençant par chacune des notes qu'elles contiennent jurqu'à fon o&ve qui porte le même nom , mais encore en •rétrogradant , c'en-à -dire, de droite à gauche. Par exemple, fi je commence l'une de ces gammes par fol, je la continue jurqu'att dernier ut,
(a) Trichons de nous ravir de termes propres, & ne donnons plus au tremblement le nom de cadence, qui n'appartient qu'aux repos de l'harmonie ou du chant, comme qui diroit chiite finale de chant.
Ainfi j'appellerai dans la fuite frit, mot tiré de ce trantlanent qu'on a toGjours improprement nomnbé cadence.
DE MUSIQUE PRATIQUE. 3
=quel je fubflitue le premier, pour continuèr de-là ;Ad= même fol qui fera l'oélave de celui par lequel -j'ai débuté. •
Si je récite Li mêMe gamme-en rétrégradant, fon 'dernier ut, fous le nom de 8! c'eft-à -dire octave, fera pour lors.lepreMier, & l'autre fera fon octave.
On doit regarder toutes les notes .à l'oélave comme la même; puirqu'elles portent en effet le même nom, ne différant entr'elles que du haut & du bas que chacun prend tek» la portée de fa voix, croyant entonner le même fou, la même mité.
De cette repréfentation d'une même note dans les oélaves , fuivent de belles connoiffmces •ignorées jutqu'au Truité de 17L•r7 monie.
première de ces.connoiffances codifié à trouver toutes lei confonnances dans les deux dernières gammes, & à en prendre ocetlion de fe les repréfenter fi louvent, qu'on ,puiffe-diflinguer,, par exemple, la quarte de la quinte. Pour ce qui eft de la différence de la tierce majeure à la .minetire, celui qui la fent dans un accord, comme entre ut mi, & mi fol, peut compter fur un talent décidé du côté de l'oreille. * . .
Pour recoanditre les, confonnances dans ces deux dernières gammes, remarquons que toutes les notes du milieu peuvent être également comparées à la première & à fon octave, .& que ces deux-ci étant =fées la même, changent feulement l'ordre des uotes qu'on leur compare ; ce qui s'appelle renverfiment. Par exemple, fi dans la gamme des tierces je trouve une tierce de la à ut, je trouve une fixte d'ut à la dans la première: fi pareillement dans la gamme des quintes , je trouve une quinte de fa à ut, & une fitufk quinte de fi à fa, je trouve dans la première une quarte d'ut à fil, ek.une quarte fiiperflue, dite triton, de fit à Ji. différence indifpentable entre toutes lesnotes que l'on com-. pare aux deux de quelque cave que"ce Toit, qui les embmfrent.
On appelle intervalle la &lance qu'il y a d'une note à une autre: or, pour trouver fur le champ l'intervalle renverfé , fittlit de te repréfenter le nombre qui fait 9 avec celui de l'intervalle qu'on fe propofe; d'où l'on conclura que la feptième & ia feconde, la fixte & la tierce, la quinte & la quarte feront
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renmerfées l'une de l'autre, puifque 7 & 2, 6 Sc 3 , 4.& 5* font également 9.
Par les titres de feconde , tierce, quarte, &r. donnés aux notes *de la gamme.diatonique, on doit comprendre que les gammes marchent de gauche à droite en montant , Sc de droite à gauche en. &reculant ; mais fi l'on s'imagine monter toiljours , de quelque côté qu'on récite, ces gammes, leur renverfement y fera vifible & fenfible: la première qui d'un côté donne des fecondes d'une' note à Et voifine, donnent des feptièmes de l'autre; la deuxième qui donne d'un côté des tierces, donnera des fixtes de l'antre; & h troifième qui donne d'un côté des quintes , donnent des quartes de l'autre.
- • 11. n'y. a' de confonnances que tierces, quartes, quintes & fixtes, lefquélles fe trouvent toutes contenues clans la tierce & la quinte, à la faveur du renverfement que l'oéltveintroduit.
11 n'y a qu'une ditibnance primitive, qui efl la fey ptième, dont le renverfemént cil donné par les fecondes d'une note à l'autre dans. la première gamme; feamdes dont le rapport efl exprimé par les termes de ton
Il ne s'agit ici que d'un petit effort dç mémoire, qui confifle feulement à pouvoir fe repréfenter fur le champ, & fans héliter, l'intervalle que forment entre eux ré & fol, par exemple, & fon renverfé, ainfi des autres intervalles pris entre toutes les notes indiainélement; de forte que, pour cela, il faut avoir bien pré- fentes à l'efprit les trois gammes récitées, tain de gauche à droite, que de droite à gauche, en les commençant, tantôt par une note, tantôt par une attire, & s'arrêtant à moitié chemin , puis continuant un moment après, en les entre-mélant, pendant qu'on fe dit , raki une fronde, une quarte, une firane , une fivtc , dec. n'ayant en vie le nom des notes que pour en diflinguer lesintervalles, & n'ayant en vête non plus ces intervalles que. pour les entonner, ou du moins pour en fentir le jufle degré, fuppofé qu'on n'apprenne la mutique que pour l'exécuter fur un infiniment.
Si l'on y réfléchit bien, on jugent que le nom des notes, loin de donner le filititnent des intervalles & de leur difeience, n'en préfente pas eine l'idée aufli promptement à l'efprit que le
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liabnes, fur & entre lerquelles ces notes font placées: or, lorfqu'il s'agit de l'intonation, cc n'efl pas là le cas d'exiger de la mémoire une chofe qui non feulement peut en échapper & ditlraire de fa fonélion naturelle & la plus nécenitire, mais qui ne peut pas mttne y fervir de véhicule.
Si l'hafiitude d'entonner une tierce, une quarte, &c. avec certains noms peut ètre regardée comme un véhicule pour l'oreille, quoique le même intervalle reçoive à tout moment dierens noms de notes, écrivons ces noms fous les notes, en guife de paroles, cela foutagera d'autant un commençant, dont la moindre préoccupation le difirairoit d'une fonélion qui doit lui devenir enfin naturelle.
Pour que le fentiment des intervalles puitlè les faire entonner firr le champ à la Viie des notes, il faut qu'on foit fentible à l'harmonie & à fit modulation : or croit-on pouvoir procurer cette fenfibilité en failitnt chanter un commençant feul , en chantant à l'uniffon avec lui , ou mème en duo ! Erreur : ce ne fera qu'après un grand laps de temps qu'il pourra devenir Muficien , encore très-médiocre , fi on ne le conduit que de cette fiete. Tel dl cependant Adage en France : n'en fuyons plus la dupe; ce Weil qu'en entretenant continuellement l'oreille d'harmonie qu'elle peut s'y former promptement : n'ayons donc plus de Maître de Mutique, de Maître à chanter, qu'il ne foit capable d'accompagner fon Élève fur le clavecin ou tin. l'orgue ; c'efl l'unique moyen d'en faire un Muficien ; c'ea le feul qu'on emploie en Italie, oit l'on engage mème l'Élève à s'accomixtgner, dès qu'on le croit en état de pouvoir fe livrer à cet exercice.
Si l'on pouvoit entendre tous les jours de la mutique en pleine harmonie , cela fippIt'eroit au déliait d'Accompagnement; mais tout le monde Weil pas à portée d'en jouir atièt. fréquemment.
De pareils avis ne doivent point étre j'idem:1s aux coumençans , non plus qu'aux Maîtres.
l'oint d'impttience fur-tout , attendons que cc qui vient aire recommandé foit bien inculqué dans la mémoire avant que de ixtilèr outre : un mois pour cela, on y egneroit infiniment ; l'intelligence de toute la fuite en dépend. Quand une
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fois deux objets nous préoccupent , ils fe détruifent l'un l'autre, & nous tiennent toûjours en fufpens. Plus on a de goût pour la chofe, plus on en eft avide; mais plus on fe prellé, plus on s'éloigne du but.
ARTICLE II.
De l'application des Gammes aux doigts de la main.
On conçoit afléz que les cinq doigts de la main peuvent fort bien repréfenter les cinq lignes fir lefiptelles on copie la mutique : or en regu•ant ou filppolitnt main bien ouverte , le petit doigt du côté de la terre , on y voit , on y juge cinq lignes avec leurs milieux , qui font les vuides qui féparent les lignes , les doigts ; & pour ldrs , quelque note qu'on imagine fuir le petit doigt , la polition des autres notes fera connue par la connoence des gammes.
Je me fervirai des chillies r , 2, 3 , 4., 5, pour indiquer les doigts: t indiquera le petit doigt , 2. fon voifin en montant, & aile' de fuite toûjours en montant jtifipeats pouce qui fent 5.
Cet ordre luth :tutti la dénomination des lignes de Abdique, la plus ha& étant appelée la première , ft voifinc la feconde, ainfi de faite jurqu'à la plus haute, qui efl la cinquième : fi l'on en ajoûte au dans ou au daims, on peut les Iiippofér de mute au deflits du 5 , & au deflbus du r .
Sachant que les notes fe plaéent dans les milieux aufli-bien que fur les lignes , on reconnaît fur le champ la gamine diatonique depuis. r , appelé ut, julien Ibn oélave, qui efl le milieu au &liais du 5: on juge toutes les tierces d'un doigt à fon voilin, ou d'un milieu à (on voifin; on juge de même des quintes en ixtfliun un doigt , un milieu , comme dut au 3 , du a nu 4, du 3 au 5 ; on jugera de méme encore des léptièmes, comme du t au 4., du z au 5. Ainli , quelque nom de notes qu'on donne au u , la ',édition de fit féconde, de fit tierce, de fit quarte, tout en un mot fent connu.
Par les deux dernières gumnes on voit, on juge que la quinte cft compofée de deux tierces, dont la note du milieu leur dl
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commune; per confCquent la feptième eft compof$e de trois tierces.
On remarque enfuite que tous les impairs vont d'une ligne à une autre, & d'un milieu à un autre , & que les pairs, au contraire , vont d'une ligne à un milieu , d'un milieu à une ligne.
Amurons un enfant, dès le plus bas 5ge, à s'inculquer peu à peit dans la mémoire les trois gammes dont il s'agit, & dans tous les ordres prefcrits ; lui fallût- il un an pour s'en rendre maître , rien ne preflé, ce feroit autant de gagné : amufons-le de. mémé à lui faire reconnoître l'ordre de ces gammes fur fes doigts , peut-étre cela lui Ctuvera-t-il l'ennui des leçons ordinaires, du moins je k crois. La chofe lui un peu fiunilière! préfentons-lui des notes d'égale valeur , comme rondes ou noires , fin- les cinq lignes , où il lè rappellera fco cinq doigts ; bien-tût toutes les pontions de ces notes lui feront connues , :luth-bien que les intervalles qu'elles formeront entr'elles.
S'agit-il d'un aveugle! qu'on lui fabrique cinq lignes de bois ou de métal, qu'on y tienne des crochets où l'on puillè attacher des notes & tous les lignes nécetEires : per le nom donné à la note de la première ligne, il jugera au feul tael, & de la polition des autres notes, & de leur nom , de leurs intervalles. Mais dl-ce à cette feule connoiffi►ce qu'il doit tendre, excepté qu'il ne veuille copier Itsi•méme fi►r cette machine des idées de hi compontion 7. qu'il s'attache pour lors à l'Accompagnement (/), qu'il en tire les moyens de préluder, le voilà compotiteur ; le relie n'en plus qu'un amufeme: t.
Je ne eirlerai point de la va eur des notes, ni des lignes qui. l'équivalent, je laiflè ces minuties aux maîtres ; tous les élémens de Mutique en difent d'ailleurs autant qu'il faut là -dellits.
(1) J'ai cnfeigni: l'Accompagnement en moins de (lx mois, avec la tante :méthode que je donne ici, à un aveugle âÿc de vingt a vingt-cinq ans, mais déjà cloué de quelques miens pour la Mutique, & l'ai mis au point de pouvoir préluder : il peut en rendre compte lui-tuùnc.
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ARTICLE. HI.
Des Dilfis , Bémols dr Béquares.
Pour fibre monter une méme note d'un demi-ton , on lui aflbcie un . diéfè placé à fit gauche , & pour la faire defcendre d'autant, on lui afficie de méme un bémol.
Le bégoare efface le diéfe & le bémol, en remettant la note dans fon premier état naturel; cependant on eft ;d•« dans l'Ira-. bitude d'effacer le die avec le bémol, Sc celui-ci avec l'autre. ;Voyez l'exemple A dans la. Mutique gravée.
ARTICLE IV.
Des Clefs de eles Thinfpoftiolls.
EXEMPLE A , page ".
ll y a trois Clefs, celles de fi, d'ut & de fil, qui fe. placent fur telle ligne qu'on veut , quoique pour l'ordinaire les lignes qu'elles occupent dans l'exemple A leur foient plus communes.
En appekun ainfi fit, ut ou fol la ligne fur laquelle la. Clef de l'une de ces notes efi po rée, la pofition de toutes les autres notes dl conue, dès qu'on a les gammes préfentes à l'efprit, tant en montant qu'en defcendant.
Pour confervcr l'ordre naturel de la gamme diatonique, lorfqu'on veut la faire rouler fur l'oélave d'une autre note que. nt, on dl obligé de placer à la droite des clefs les des ou les bémols néceflà ires à un certain nombre de notes pour cet effet. S'il s'agit, per exemple, de l'oélave de fol, di il y a un ton de frt à fol (c), au lieu qu'il n'y a qu'un demi-ton de' fi à ut, il faut donc *Citer un (Ude. au pour que le demi-ton fe trouve également de put & d'autre. Si d'un autre cûté la quarte d'ut à fi eft comporée de deux tons & demi , pendant que celle de ç, à fi ell compoli:.e de trois tons (.9, il faudra donc diminuer *ce fi d'un demi-ton per un bémol, lorfilu'il s'agira de l'oélave de
(c) Voyez la Gamme diatonique. I (d) //Van.
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fi: pour égaler ft quarte à celle d'ut, ainfi de tout le relie proportion; ce qui s'appelle traufilofir, puiliju'en effet on tranfpofe l'ordre des notes comprifes &ms l'étendue de l'oélave d'ut, en celui des notes comprifes dans l'étendue d'une autre oélave.
Comme la Clef peut être année de cinq ou fix diètes ou bémols, félon le cas, il ftiflit d'y reconnoître le dernier pour ne fe faire qu'un jeu de la tranfpofition , dès qu'on polit:de allia les gammes pour reconnoître la lituation des notes relativement à celle qu'on aura fiippork fur telle ligne, fur tel milieu.
Les dièfes & les bémols tirent leur fucceflion de la gamme par quintes: les dièfes commencent par fa, & continuent cette gamine; les bémols, au contraire, commencent par fi, & continuent la même gamine en rétrogradant ; fi bien que d'un ct)té fi: trouve cet ordre, fil, ut, fol, ré, la, mi, fi, & de l'autre, fi, uri, la, ré, fol, ut.
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Eu nommant fi le dernier dièfè , à compter depuis celui de fiz, & en nommant ft le dernier bémol , à compter depuis celui de fi, la ligne ou le milieu ainfi nommé donnera le nom à tout le mile dans l'ordre des gammes. Si la clef d armée d'un (lige furfr (exemple A), ce fi s'appellera fi, ixtr conféquent ft faconde s'appellent ut , ainfi du relte: s'il y a pareillement un bémol lité fi, il s'ppellera fir, & par coequent fa féconde s'appellent fol.
S'il y a plufieurs chères ou bémols à côté de la clef, ce fera toiljours le dernier dans l'ordre des quintes depuis fil, & dans celui des quartes depuis fi, qui prendra le nom convenu. Voit-on ces cinq dièfes, ut, fit, la, ré, fol; fa doit y être reconnu pour le dernier & s'appellera fi: voit-on au contraire ces cinq bémols, uri, fi , fol, la, ré; fid n'y fera-t-il pas également reconnu pour le demies., & ne lui donnera-t-on pas en conféquence le nom de fa! Exemple A,
On appelle folfirr cette fitçon de réduire ks tranljtolitions au naturel , mais elle ne convient qu'aux paonnes qui veulent timplement lire la Mutique ou la chanter : pour ce qui dl des. inflnunens , les notes n'y changent jamais de nom , l'on y pratique les &Ces & les bémols par-tout où ils fe rencontrent.
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Aufli vaudroit-il mieux apprendre à chanter d'abord fans tranfpofition, fi l'on pouvoit compter fur l'oreille des commençons; d'autant plus que dans le courant d'un air il arrive fouvent des dictes ou bémols accidentels dont il Lut bien fe garder, malgré l'opinion de certains Maîtres , de changer le nom donné aux notes qui les portent, relativement au premier fi ou fa décidé ; cela jette dans un trop grand embarras, vû qu'un accident en amène nécellà irement un autre , pungnit faudroit changer le nom des notes à chaque inflant. Mais c'efl aux Maîtres d'attendre que l'oreille foie afkz formée pour varier leurs leçons de différentes modulations ; pour lors le moindre accident met l'oreille fur la voie, la prévient au feul coup d'oeil, & fouvent moine l'harmonie la lui fait deviner, y eût-il Faute dans la copie.
Concluons de cette dernière réflexion, que les premiers foins d'un Maître doivent être de former l'oreille & comment la former , fi on ne la nourrit à tout moment d'harmonie? c'en le feul moyen de réuflir; les lignes, les notes , leurs noms , les yeux font de foibles agens en Mutique en comparaifon de l'oreille (e).
Les notes , leurs figures , leurs valeurs , Sc celle des figues qui les repréfentent , font à la portée de tous les Maîtres, c'eut pour-. quoi je leur laitk le foin d'en infiruire eux-moines leurs élèves.
(e) Il y a quatre ou cinq ans qu'un jeune homme , qui ne ravoir du tout point la Mutique, chanta au troifième jour le fêle d'un Intermède bouffon fur un théatre particulier , à la feule vile des paroles dont on lui avoir joué le chant fur un infiniment, aulli-bien que celui des accompagnemens, avant , pendant & après lefquels il devoit cet. & recommencer , quelquefois à tin quart, demi-quart de temps. On connoît une Dame qui folfie tris-imparfaitement, & qui chante cependant à livre ouvert, lorfqu'elle cil bien ac- compagnée : tel cil l'effet de l'oreille, tel eft l'empire de llunnonie fur cet organe.
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CHAPITRE II..
De la pofition de la main fur le Clayecin ou l'Orgue.
IL Cuit regarder les doigts attachés à la main , comme des refforts attachés à un manche par des charnières qui leur laillènt une entière liberté; d'où il fuit que la main doit être, pour ainii dire, mode, & le poignet dans la plus grande foupleflè, pour que les doigts agiffint de leur propre mouvement, puent gagner de la force, de la légèreté & de l'égalité entre eux.
Cela étant, placez les cinq doigts fur cinq touches confécutives du clavier, où le pouce s'avance fur. la tienne, l'ongle tout-à -f:tit en dehors , à peu près jualu'à là première jointure, pendant que les autres doigts tombent perpendiculairement fur les leurs, & cela de leur propre poids, en s'arroncliaà nt d'eux- mêmes fans les contraindre , le (f) moins rond que les autres, puirqu'il eft plus petit.
A inerme que la main s'ouvre , les doigts perdent de leur rondeur; mais quand on les laif1 agir de leur propre mouvement, ils déterminent pour lors la main à s'y prêter dans les intervalles plus ou moins grands qu'ils embnent, & tout marche à l'aire; le 5 même s'y prête à fon tour „en s'avançant moins fur ta touche.
Pendant que la main fe trouve dans cette potition , les coude.; doivent tomber nonchalamment fur les côtés au niveau du clavier, ce qui dépend du fiée; ils fe prêtent pour lors au mouvement de la main, qui , de ton côté, le prête à celui des doigts.
11 faut aufli que la main !bit horizontale avec le clavier , ce qui fe reconnoit aux jointures qui l'attachent aux doigts, où pour lors il Cuit la lever un peu du côté dut par un (impie mouvement du poignet, fans qu'il y perde rien de fa foupleflè.
Cette dernière pofition coûte un peu aux commençans , par
(.0 Lm chillics &lignent ici Ics doigts, comme dans l'Article I I de Clupitrc I."
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rapport au -petit tour de poignet en faveur du r ; mais aufli fins cela ce r ne tomberoit plus perpendiculairement fur fa touche, & n'auroit plus la mémo force ni la même légèreté que les autres doigts. Qielques jours d'exercice avec 1:11 peu de 1xttience rendent enfin cette pofition comme naturelle.
Dans toutes les pofitions , dans les plus grands écarts, la main obéit aux doigts , la jointure du poignet à la main , & celle du coude au poignet ; jamais l'éptule ne doit y entrer pour rien.
La roupie& recommandée doit s'étendre fur toutes les parties du corps; une jambe roide, déplacée , des coudes ferrés fur les côtés, qui s'en écartent , s'avancent ou fe reculent , lorfqu'ils doivent y tomber nonchalamment , une grimace , enfin la moindre contrainte, tout emptche le fuccès des foins qu'on fe donne pour la perfeélion qu'on cherche.
L'Article 11 du Chapitre-fi:Min m'a forcé de placer ici la pofition de la main fur le Clavier , il ne s'agit plus que de la méchanique des doigts , dont je ptrlerai en temps & lieu.
CHAPITRE III. Méthode pour former la voix.
ARTICLE PREMIER.
'Moyens de tirer les plus &aux fous dont la voix cfl capter,
d'en augmenter l'étendue, dr de la rendre flexible.
PE N D A N T qu'on s'inculque les gammes clans la mémoire, & tout ce qui vient d'are expliqué , on peut s'exercer à former fa voix.
Les Maitres , en France fuir-tout, ont toiljours enfeigné le goût du chant , Cuis s'occuper beaucoup des moyens qui doivent en procurer l'exécution; ils fe piquent h:liement d'enfcigner ce qui ne dépend pas d'eux, pendant qu'ils négligent ce qui en dépend
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effeclivement, & fuis quoi toutes les leçons de goût •tombent en pure perte.
A quoi fert le goût du chant, fans les facultés propres à le bien rendre! peut-on en procurer d'ailleurs à qui n'a point de kntiment
11 en en du goût du Chant comme du gefle , le défie du vrai naturel fe reconnoît toûjours dans ce qui n'en qu'imitation: qu'un agrément fait autant bien rendu qu'il fe puiflè, il y manquera toûjours ce certain je ne fais quoi qui en fait tout le mérite, s'il n'a guidé par le fentiment: trop ou trop peu, trop tût ou trop tard , plus ou moins' long-temps dans des fiai entrions, dans des. fors enflés ou diminués, dans des battemens de cils, dits cadences, enfin cette jale précifion que demande l'expreflion , la nutation , manquant une fois, tout agrément devient infipide: on n'en t'ait que trop fouvent l'épreuve à notre théatre. Cet homme a une belle voix, chante bien, cependant il me plaît moins que cet autre qui , quoique moins favorifé de ces dons, met de rame dans toutes fes expreflions. Tel dl reflet du fentiment, qui ne fe donne point.
Le goût dl une fuite du fentiment, il fait s'approprier le bon & rejeter le mauvais; guidé par ce fentiment, la vraie précifion fe trouve dans tous les agrémens qu'il dinde : le Maître n'y peut autre choie que procurer les moyens de bien rendre ces agrémens , & d'en donner des exemples, en les rendant lui-ni41Am, s'il le peut.
Chacun fe prévient fiar fon goût, & le croit fouvent le meilleur: quel en le Maître à chanter 'qui ne fait pas dans ce cas? quand méme il n'y auroit ixts trop de peomption de Et ixtrt , ce ne fers que par des exemples, & jamais ixtr des règles, qu'il pourra frire fentir à l'homme (le goût 'Mage qu'il doit faire de fes heurcufes facultés dans l'exécution, facultés qui feules peuvent fe Procurer, fans qu'on s'en foin encore douté, du moins en France; les uns prétendant qu'on ne peut augmenter l'étendue des voix, & qu'on ne peut en rendre les fous également beaux; les autres, qu'on ne peut les rendre flexibles, ces voix, fi dits ne le font naturellement , attribuant à la Nature cc qui Weil
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prefque jamais qu'un défaut de l'art ; qu'on ne peut procurer les- moyens de bien battre, le tril , d'en réformer les défauts: que fais-je? tout ce qu'on a ignoré, on l'a cru impoflible.
On ne peut donner de la voix , mais on peut procurer les moyens d'en tirer les plus beaux Fons dont elle di capable, & de la rendre flexible ; moyens qui m'ont réuffi plus d'une fois; moyens des plus fimples d'ailleurs , & qui ne demandent que confiance, confiance & patience.
,Qtantité de chanteurs filent très-bien les Cons , les rendent/ beaux dans ce moment, & en donnent prefque ixtr-tout ailleurs de mauvais: hé bien! ceux-là mêmes, à quelqu'âge que ce Colt, pourrolent encore réformer leurs défauts, s'ils pouvoient prendre d'abord fur eux de ne plus chanter, en s'exerçant feulement à bien filer les Cons dans toute l'étendue de la voix, jufqu'au point que je vais leur prefcrire.
On Eut que le fon fe file tout d'une haleine, en débutant par la plias grande douceur, en l'enflant inknfiblement jurqu'au plus fort, mais non' pal à l'excès , puis en l'affoibliffint de même jtsfqu'à l'extinélion de la voix ; ce qui doit coûter un peu à des commençans, mais d'un jour à l'autre l'habitude s'en accroit, &- bien-t& on en vient à bout.
On file d'abord le fonavec la feule voyelle a,'en commençant par le plus bas, puis en montant jurqu'au plus haut par demi- tons (g) , d'où l'on defcend de mémé jurqu'att plus bas. Cet exercice fe fait le plus fouvent qu'il efi pelle , mais en fe repent de temps en temps, dès qu'on s'y fent fatigué.
11 faut ètre droit fur Ces pieds pendant cet exercice, Ce tenir avec grace & fans gène , fe bien examiner , fentir une grande aifance dans toutes les parties du corps, prendre la peine, en un mot, de n'en point prendre, fur-tout en !tonnant le vent nécel: faire pour former le fat en l'enflant , en le diminuant ; car enfin toute la perfeélion dépend de là .
Quand je dis qu'il faut fe tenir avec grace, la grace peut-elle ?accorder avec la moindre contrainte! on ne la trouve qu'avec la plus grande liberté: & comment l'aéleur pourroit-il fuflire
• (a) Voyez l'Article 111 du premier Chapitre, page 8.
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tant d'objets différens qui doivent concourir mutuellement à une parfaite exécution de fa part, ravoir, le beau ton, la flexibilité de la voix, la Mufique, la grace, le fentiment , dont l'expreflion doit être fidèlement rendue par le go& du chant, par le gefie & par l'air du virage, fi tous ces objets ne lui étaient pas familiers au point qu'ils lui deviennent naturels
Déjà le fenthnent efi un don qui demande à l'efprit toute la liberté poflible , la moindre réflexion déintifant toute fonélion naturelle. La Mutique & le chant ne feroient-ils vs auffi des dons qui ne fe manifeflent pas à la vérité tour d'un coup, mais qui , à la faveur d'un certain exercice, doivent nous paraître tels par la prompte obéifià nce de l'oreille & de la voix à tout ce que la volonté peut en exiger!
Nous avons de fréquens exemples du don de la Mutique dans les Organifles, aufli-bien que dans toutes les perfonnes qui préludent : penfer & exécuter chez eux, c'efl tout un.
Il n'eft pas étonnant que la Mutique devienne naturelle aux Organifles, vû qu'ils fe nourrifiént continuellement d'harmonie (h): il n'eft pas étonnant non plus qu'il y ait fi peu d'habiles Chanteurs en France, vît qu'on ne les doit qu'au Infant ; leur oreille s'efl formée à l'harmonie fans qu'ils l'aient recherchée , leur voix s'eft rendue flexible avec de betux tons, ignorons que le principe de ces perfaions confifloit dans la manière de pouflèr l'air des poumons fans gène & fans contrainte: un heureux haftrd les a conduits, & de là rien ne leur a coûté pour porter plus loin ces mêmes perfeétions.
Pour vouloir trop fe prefIr , on perd tout : imitons ces enfans qui , Gans lavoir qu'en marchant trZz- lentement ils parviendront à courir, & qui n'ofent fe preflèr, parce qu'ils l'entent bien qu'ils tomberoient ; mais la patience échappe, on veut arriver , on n'arrive point ; on a pris de fades routes , on fe fatigue à vouloir les continuer; foins inutiles! on perd un temps confidérable , à la fin le défelimir s'en mêle, & pour fe con ro ler on attribue à la Nature des défauts qui ont pris racine dans de mauvaifes habitudes.
(!l) Joignons cette réflexion à celles de la page s.
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De (mi s'agit-il cependant? du féal vent.
Oui , toutes les perfections du chant, toutes fes difficultés, ne dépendent que du vent qui part des poumons.
Nous ne pouvons -clifi)ofer du latynx, de la trackee-artére , de la glotte, nous ne voyons pas leurs différentes configurations, transformations, à chaque fon que nous voulons donner ; mais mils Etvons du moins qu'il ne faut pas les contraindre dans ces différences, qu'il finit leur faiflèr la liberté de filivre leur mouvement naturel, que nous n'y fontines maîtres que du vent, & que par conG!quent c'eft à nous de lavoir fi bien le gouverner, que rien ne paillé en empêcher l'effet. •
Dès que le vent eft donné avec 'gus de force que n'exige le fon , la glotte (i) fe ferre, comme lorfqu'on preflè trop la hanche d'un hautbois: fi cet excès de force eft encore donné trop précipitamment, il roidit les ptrois de la glotte , & lui ôte toute Et flexibilité: d'un autre chié, une géne, une contrainte occafionnée pir l'attention fur la bonne grace, fur le gefle, fur le goût du chant, fur les inflexions même de la voix , des efforts dont une habitude acquife emptche qu'on ne s'en aperçoive, voilà les vrais obflacles à la beauté du fon , aufli -bien qu'à la flexibilité de la voix: le fon tient pour lors du peigne, de la gorge , du canard ; la voix tremblotte & ne forme plus aucun agrément qu'en le chevrottant.
Pourquoi le fon filé efl.--il généralement brau1 eefl qu'on arrive infenfiblement au degré de force néceffaire au vent en pareil cas ; c'ef t que la glotte fe dilate' pour lors à l'ailè fans re roidir.
• force du vent doit étre proportionnée à chaque degré du fon, ce qui cil infènfible, & ne peut s'acquérir que par un fréquent exercice, dès qu'on ne le doit pas à un heureux haGrd: c'eft la diferente force de cc vent qui, en déterminant l'ouverture de la bouche, lui donne pour lors le calibre convenable à la perfaion du fon. Combien ne finit-il donc pts s'examiner
(i) J'attribue i la &nue cc qui font liés ; mais cela n'cil d'aucune
pourroit petst-tluc, en certains cas, confégtsence pour k fait dont il s'agit.
s'aulique aux autros agcns qui lui
pour
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