Les accords à la guitare
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i 0 LA MUSIQUE LES MUSICIENS
Le jury a attribué aux exposants : 64 grands prix
883 médailles d'or,
3,653 médailles d'argent , 6,365 médailles de bronze,
5,801 mentions honorables',
« Malgré ce grand nombre de récompenses, le jury a dû borner ses choix et laisser en dehors de toute désignation d'intéressantes exhibitions , des mérites distingués, des efforts industriels dignes des plus sérieux encoura-
gements.
• Le jury du nouvel ordre de récompenses a rempli non moins dignement sa
(Ache, compliquée d'investigations difficiles , puisqu'il s'agissait pour lui , non (l'examiner des produits industriels, mais d'analyser et de comparer les faits sociaux. Il a accordé douze prix , vingt-quatre mentions honorables et quatre citations.
La solennité actuelle prouve son couronnement dans la proclamation des récompenses plus hautes encore. Votre Majesté a daigné accorder aux plus éminents des concurrents de cette lutte pacifiqueson ordre impérialdela Légion d'honneur
A. Ce chiffre comprend les grands prix des beaux-arts.
3. Dans ces chiffres ne sont pas comprises les récompenses données aux 5' et 9. groupes (agriculture et horticulture), décernées à la clôture de l'Exposition.
3. Un exposant étranger, ayant mérité une médaille d'or (3. sur la liste de classification) et obtenu la décoration de la Légion d'honneur, sans la participation toutefois des membres du jury, ainsi que l'a déclaré le rapporteur de la classe dans laquelle il était compris, s'est emparé de ces parolesde M. Roulier pour faire écrire dans son pays qu'il était le grandprix de cette classe. lin France, de telles prétentions n'auraient pas pu se produire, on n'aurait pas osé les manifester, car s'il est toujours très honorable et très-fiatteur de recevoir d'un prince français ou étranger une décoration quelconque , quand on sent l'avoir méritée , il eat paru souverainement ridicule et singulièrement audacieux de convertir la croix en un grand prix de e Exposition. Que M. le ministre d'État, dans un discours prononcé devant l'empereur qui, seul en France, a le privilége de décorer et quine doit compte à personnedes croix qu'il distribue, ait considéré comme mie récompense plus précieuse encore quo les prix de concours la croix d'honneur accordée aux exposants, — et même — à ceux sui n'exposaient pas,— cela parait tout naturel ; mais il n'a certes pas dit que les croix d'honneur fussent des prix de concours, et qu'elles avaient pour objet de modifier les jugements rendus par les jurys. Si la croix était un prix, elle serait un droit acquis aux plus méritants dans tous les concours , et il n'en a jamais été ainsi. Pour obtenir la croix, il faut géneralemontla solliciter ou que« autre la sollicitent pour vous; on ne sollicite pas un prix de concours, on le mérité et on l'obtient. Nous connaissons des membres de l'Institut et même d'anciens ministres qui ne sont pas décorés, et il uutfit d'une circonstance heureuse pour se voir la poitrine constellée de vingt croix, comme une éruption honorifique. Au concours international de musiques militaires, un premier prix (il y en a eu trois) a été remporté par la musique autrichienne , et deux seconds prix sont échus à la musique russe et à la musique des Pays-Bas ; les chefs de musique do ces deux derniers orchestres militaires ont reçu la décoration , et le chef de la bande autrichienne , qui n'était que sous- officier, ni pu être l'objet de cette même faveur. Pourtant, il est placé premier sur la liste des lauréats. Nous pourrions citer bon nombre de peintres et d'industriels qui, sans avoir jamais mérité aucune première récompense aux expositions des beaux-arts et &Fin-
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 441
4 La Commission impériale dépose au pied du trône ses plus humbles remerciements pour de tels témoignages d'une auguste sympathie.
4 Permettez-nous , Sire, avant de terminer ce rapport, d'émettre quelques appréciations sur le caractère et les résultats principaux de l'Exposition universelle, sans toutefois prétendre en mesurer toute la portée politique et internationale. Un de ses titres à l'attention des contemporains et de la postérité est certainement son caractère d'universalité. L'Europen'a pas seule pris part à ce concours; le Nouveau-Monde, l'Afrique, l'extrême Orient sont venus ajouter des traits nouveaux à sa physionomie.
o Les États-Unis d'Amérique, éloignés, en 1862, des émulations pacifiques par une grande guerre , ont réclamé à l'Exposition de 1867 la place que leur assigne dans le monde leur importance politique et industrielle, et ils ont noblement tenu leur rang.
Les États de l'Amérique centrale et méridionale, qui avaient confié au zèle d'un syndicat leurs intérêts collectifs, ont donné à leur exhibition un éclat exceptionnel. ,
L'Empire ottoman et les États musulmans del'ouest et du nord del'Afrique ne se sont pas bornés à nous envoyer leurs produits; ils nous ont en quelque sorte initiés à leur civilisation en transplantant au milieu du Champ-de-Mars leurs monuments , leurs habitations et le spectacle de leur vie domestique. L'honneur de ces innovations revient à l'intervention personnelle des souverains de ces États, (mi ont voulu présider par eux-mêmes à l'organisation de leur exposition.
e Les pays de l'extrême Orient, qui s'étaient tenus jusqu'ici en dehors de nos exhibitions internationales, ont été amenés par le zèle de nos agents consulaires, de nos négociants, denos missionnaires, de nos savants, à prendre part à ce concours des peuples. Le génie des inventions a multiplié le temps et comblé les distances. Ces grandes industrieuses nations qu'on appelle la Perse , la Chine, le Japon, et leurs satellites , sont désormais attirées clans l'orbite de notre civilisation, au grand avantage de la prospérité et du progrès universels. Cette réunion, dans une même enceinte, de tous les peuples n'ayant d'autre ambition que. celle du bien , d'autre rivalité que celle du mieux, et étalant à l'envi leurs produits, leurs ressources, leurs inventions, se présente à l'intelligence étonnée et à rame émue comme le tableau grandiose des conquêtes successives du travail des siècles et des progrès incessants de la perfectibilité humaine.
L'organisation du dixième groupe et l'institution de récompenses spéciales
d'Istrie, ont su néanmoins inspirer assez de sympathie pour obtenir le ruban. Le contraire
est aussi arrivé, c'est-à-dire que dos exposants ayant remporté les premiers prix, et,
malgré le patronage du jury, n'ont été l'objet d'aucune nomination dans l'entre de la Légion d'honneur.
Enfin, et comme dernière preuve qui' établit surabondamment que la décoration n'est point un prix de concours, nous citerons le Catalogue officiel des exposants récompensés Pl' te Jury international, on aucune décoration n'est mentionnée.
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ont eu i,our objet la manifestation solennelle de ces améliorations morales qui sont à la fois le devoir et ]'honneur de ]'humanité.
a Le dixième groupe comprend los objets qui intéressent particulièrement la condition physique, Matédelle et morale des populations. Il suit le travailleur dans lès diverses phases de 'son existence : écoles d'enfants, d'adultes, objets à bon marché d'usage domestique, habitations, costumes, produits, instruments et procédés du travail. Ce plan , consciencieusement rempli , met pour la première fois dans une complète lumière ces éléments modestes, mais puissants, de progrès social, à peu près négligés dans le système des expositions précédentes.
a La création du nouvel ordre de récompenses a eu pour but de signaler les services rendus par les personnes, les établissements, les contrées qui , par une organisation ou des institutions spéciales, ont posé les bases et assuré le développement de la bonne harmonie entre ceux qui coopèrent aux mêmes travaux.
« Cette création e donné lieu à une vaste et minutieuse enquête poursuivie pendant six mois par le jury dans les principaux pays qui ont pris part à ce concours, et sur tous les faits intéressant ce problème dont l'équitable solution importe à la stabilité des sociétés modernes. Notre travail ne sera point stérile. Il aura des imitateurs. Il ouvrira de nouveaux horizons aux explorations des bons esprits et des coeurs généreux. Ce sera l'honneur de l'Exposition universelle de 1867 d'avoir frayé la voie à ces hautes investigations internationales,
« Ainsi l'Exposition universelle révèle des procédés industriels nouveaux et des initiatives qui, sans elle, auraient pu rester impuissants ou ignorés ; met en lumière cette loi de la division du travail, aussi féconde entre les nations qu'entre les individus; donne une éclatante consécration à ces principes de liberté commerciale hardiment inaugurés en France par Votre Majesté; multiplie entre les peuples les relations économiques , et marque, à une date prochaine, la solution féconde du problème de l'unification des poids, des mesures et des monnaies.
L'Exposition internationale produit des fruits plus précieux encore : elle dissipe des préjugés invétérés, renverse des haines séculaires, et fait natice des sentiments d'estime réciproque. Les peuples, attirés par ce spectacle extraordinaire dans cette capitale splendide, y cherchent vainement les traces ries révolutions passées, et y trouvent partout cette grandeur et cette prospérité que produisent la sécuritédu présent et lajuste confiance dans l'avenir. Les princes et les souverains, attirés par une noble hospitalité, viennent tour à tour échanger dans ce temple de la civilisation ces paroles amies qui ouvrent à toutes les activités humaines de calmes horizons et affermissent la paix du monde.
« A tous ces titres, Sire, l'Exposition universelle de 1867 fournira une page brillante à l'histoire du règne de Votre Majesté et des grandeurs du mixe siècle,
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. I ei
Après la lecture du rapport, l'Empereur a prononcé le discours suivant, où les arts ne pouvaient etre oubliés :
MESSIEURS,
« Après un intervalle de douze ans , je viens pour la seconde fois distribuer « les récompenses à ceux qui se sont le plus distingués dans ces travaux qui « enrichissent les nations, embellissent la vie et adoucissent les moeurs.
Les poètes de l'antiquité célébraient avec éclat les jeux solennels où les différentes peuplades de la Grèce venaient se disputer le prix de la course. « Que diraient-ils aujourd'hui, s'ils assistaient à ces jeux olympiques du monde « entier, où tous les peuples, luttant par l'intelligence, semblent s'élancer à la g fois dans la carrière infinie du progrès , vers un idéal dont on approche sans « cesse, sans jamais pouvoir l'atteindre ?
g De tous les points de la terre, les représentants de la science, des arts et de g l'industrie sont accourus à l'envi , et l'on peut dire que peuples et rois sont venus honorer les efforts du travail, et par leur présence les couronner d'une g idée de conciliation et de paix,
g En effet, dans ces grandes réunions qui paraissent n'avoir pour objet que g des intérêts matériels, c'est toujours une pensée morale qui se dégage du « concours des intelligences, pensée de concorde et de civilisation. Les nations, g en se rapprochant, apprennent à se connaître et à s'estimer ; les haines s'étei« gnent, et cette vérité s'accrédite de plus en plus , que la prospérité de chaque « pays contribue à la prospérité de tous.
« L'Exposition de 4867 peut, àjuste titre, s'appeler universelle : car elle réunit g les éléments de toutes les richesses du globe. A côté des derniers perfec« tionnements de l'art moderne, apparaissent les produits des tiges les plus g reculés, de sorte qu'elle représente à la fois le génie de tous les siècles et de a toutes les nations. Elle est universelle : car, à côté des merveilles que le luxe enfante pour quelques-uns, elle s'est préoccupée de ce que réclament les « nécessités du plus grand nombre. Jamais les intérêts des classes laborieuses g n'ont éveillé une plus vive sollicitude. Leurs besoins moraux et matériels , g l'éducation , les conditions de l'existence à bon marché, les combinaisons les « plus fécondes de l'association ont été l'objet de patientes recherches et de « sérieuses études. Ainsi, toutes les améliorations marchent de front. Si la science, en asservissant la matière, affranchit le travail, la culture de l'Anie , en domptant les vices, les préjugés et les passions vulgaires, affranchit l'hug inanité.
« Félicitons-nous, Messieurs, d'avoir reçu parmi nous la plupart des souverains et des princes de l'Europe et tant de visiteurs empressés. Soyons fiers g aussi de leur avoir montré la France telle qu'elle est , grande, prospère et libre. Il faut être privé de toute foi patriotique pour douter de sa grandeur, g fermer les yeux à l'évidence pour nier sa prospérité , méconnaître ses institutions, qui parfois tolèrent jusqu'à la licence , pour ne pas y voir la
144 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
« Les étrangers ont pu apprécier cette France, jadis si inquiète, et rejetant « ses inquiétudes au delà de ses frontières, aujourd'hui laborieuse et calme « toujours féconde en idées généreuses, appropriant son génie aux merveilles « les plus variées, et ne se laissant jamais énerver par les jouissances maté« rielles.
« Les esprits attentifs auront deviné sans peine que, malgré le développe« ment de la richesse, malgré l'entraînement vers le bien-être, la libre natio« nate y est toujours prête à vibrer dès qu'il s'agit d'honneur et de patrie ; « mais cette noble susceptibilité ne saurait être un sujet de crainte pour le repos du monde,
« Que ceux qui ont vécu quelques instants parmi nous rapportentchez eus . une juste opinion de notre pays; qu'ils soient persuadés des sentiments d'estime et de sympathie que nous entretenons pour les nations étrangères, et de . notre sincère désir de vivre en paix avec elles.
« Je remercie la commission impériale , les membres du Jury et les différents « comités du zèle intelligent qu'ils ont déployé dans l'accomplissement de « leur mission. Je les remercie aussi au nom du Prince Impérial , que j'ai été « heureux d'associer, malgré son jeune âge, à cette grande entreprise, dont il . gardera le souvenir.
« L'Exposition de ISM marquera, je l'espère, une nouvelle ère d'harmonie « et de progrès. Assuré que la Providence bénit les efforts de tous ceux qui, comme nous, veulent le bien, je crois au triomphe définitif des grands principes de morale et de justice qui , en satisfaisant toutes les aspirations légi« times, peuvent seuls consolider les trônes, élever les peuples et ennoblir l'humanité. s
Sur l'ordre de l'Empereur, S. Exc. M. de Forcade, ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, vice-président de la Commission impériale, a fait l'appel des récompenses.
Nous donnons plus loin la liste exacte et complète de tous les prix obtenus qui se rattachent à la musique, et dans l'ordre de leur classement sur la liste des jurys.
Quelques lignes encore, et nous aurons terminé ce compte-rendu que nous avons cru ne pas devoir abréger.
Rossini n'assistait pas à cette séance. Ce n'est pas lui qui se dérangerait pour entendre sa musique. Pendant qu'on l'acclamait sous cette chaude et splendide cage de verre des Champs-Élysées, il respirait philosophiquement l'air frais et embaumé de ses ombrages de Passy.
C'est dans cette même villa que le 3 juillet, le général Favé est allé trouver le maître pour le complimenter au nom de l'Empereur sur l'hymne exécuté la veille.
T LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 113
COMITÉ DE L'EXÉCUTION MUSICALE.
• PREMIÈRE snonosi.
DEUXIÈME ET DERNIER FESTIVAL AVEC ORCHESTRE ET CHOEURS, AU PALAIS
DE L'INDUSTRIE.
Ce festival, annoncé pour le 4 juillet, ainsi qu'il est dit dans le rapport du comité, n'a pu avoir lieu ce jour-là, à cause de la nouvelle de la mort, au Mexique, de l'empereur Maximilien. Il fut remis au 8 juillet. Mais le 8 ayant été fixé pour la revue des troupes passée en l'honneur du Sultan, il fallut encore ajourner cette séance musicale, qui eut lieu enfin, le 11 juillet, avec un très-grand succès. Près de quinze mille personnes y assistèrent, et M. Georges Hainl déploya en cette circonstance toutes les qualités d'un excellent chef d'orchestre. Comme au premier concert, il avait sous sa direction 1,200 chanteurs ou instrumentistes. Les places avaient été fixées à 20 fr., 10 fr. et 5 fr. au rez-de-chaussée. Les spectateurs du premier étage payaient, en entrant, 2 fr. au tourniquet. Aucune modification n'ayant été apportée dans le programme arrêté par le comité, les morceaux furent exécutés dans l'ordre suivant :
PREMIÈRE PARTIE.
Ouverture de la Muette. AUBER.
Choeur des soldats de Faust (avec deuxorchestres). GOUNOD,
Fragments d'Armide.
A. Voici la charmante retraite, chalut.
B. Gavotte, orchestre.
C. Jamais dans ces hm« lieux, choeur.
Hymne dédié à Napoléon III et â son peuple. Bossuer.
DEUXIÈME PARTIE.
Marche du Prophète (avec deux orchestres). MEYERBEER.
Chant du Soir, choeur (avec orchestre et soli de
flûtes et de violoncelles). Félicien DAVID.
Prélude de l'Africain. MEYERBEER.
Prière de Moïse (avec 23 harpes). Ressuer.
145 4.A. MUSIQUE, LES MUSICIENS
TROISIÈME PARTIE.
Ouverture du Jeune Henri , avec adjonction d'un
second orchestre pour la fanfare finale). MÉHUL
Hymne à la France (avec choeur et orchestre). BER LIOZ
L'Annonciation, marche religieuse (avec orchestre
et 25 harpes), ADAM.
Choeur de Judas Machabée (avec choeurs soli do
soprani et orgue-orchestre). HAENDEL.
Les honneurs de cette imposante exécution ont été pour le prélude de l'Africaine qu'on a redemandé avec insistance, pour l'hymne de Rossini salué de trois salves d'applaudissements,pour le Chantdu Soirde Félicien David,pour cette noble et forte inspiration de notre cher Berlioz, qui a nom l'Hymne à la France, et pour l'ouverture de Méhul, avec adjonction d'une fanfare de soixante exécutants jouant la partie des cors. Cette fanfare avait été maintenue éloignée de l'orchestre et des choeurs, de manière à produire une sorte d'optique musicale, qui fut d'un excellent effet.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 447
COMITÉ DE L'EXÉCUTION MUSICALE.
DEUXIÈME SECTION.
FESTIVAL ET CONCOURS ORPHÉONIQUES. — DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES.
Nous sommes au vendredi, 5 juillet. Il est sept heures du matin, et les orphéonistes sont à leur poste, dans le Palais de l'Industrie, pour la répétition du festival qui ait avoir lieu ce four–là même, à une heure, et dans le même local. Georges Balint dirige ces nombreuses phalanges vocales qui marchent comme une seule société. L'excellence de cette répétition est un présage du succès de la journée.
A une heure précise, et devant un.public de 8,000 personnes, commence le premier concert vocal. On n'a pas oublié le programme :
Domine Saloum. ADAM.
L'Enelusne• BOÏELUIEU.
Fabliau des Deux Nuits. Félicien DAVID.
Le vin des Gaulois. GOUNOD.
Choeur des soldats (de Jaguarita). HALÉvy.
La Noce du Village. L. DE RILLE.
Les Martyrs aux Arènes. L. DE RILLE.
Choeur des matelots (de l'Africa e). MEYERDEED.
Les Traîneaux. A. THOMAS.
Le Temple de la Paix. A. THORAS.
Hymne à la Nuit. RAMEAU,
Avant d'applaudir aux harmonieux accents de tous ces braves artisans qui savent avec tant d'intelligence allier le devoir à la plus noble distraction, le travail à la culture de l'art, Parisiens et étrangers ont admiré leur tenue modeste, leur physionomie honnête et heureuse, leur esprit d'ordre et leur politesse, comme l'a si bien dit M. Duruy. Les amateurs du pittoresque ont remarqué les Enfants de Castelfranc, en vareuse et en pantalon de flanelle blanche bordée de rouge ; les Enfants de Breloux, en blouse bleue, avec un épis de blé pour décoration à leur boutonnière ; les Pyrénéens, en berrets rouges, comme les Basques ; les Lillois, en frac noir et en cravate blanche, comme des invités de noce ; des prêtres étaient en soutanes, ceux-là eu lévites ; les uns ornés de lyres, les autres d'étoiles; d'un côté des harpes brodées sur les habits, de l'autre côté des fleurs d'or et
;448 LÀ MUSIQUE, LES MUSICIENS
d'argent ; et, pour t-anches' sur le tout, l'uniforme des orphéons militaires, grenadiers de la garde, voltigeurs de la ligne, chasseurs à pied. L'ordre le plus parfait n'a cessé de régner dans les rangs de ces volontaires de l'art, et ils ont montré, pendant les quelques jours où Paris a eu le bonheur de les avoir pour hôtes, ce que la bannière orphéonique couvre de coeurs honnêtes et sympathiques.
Que dis-je, ce n'est plus une bannière, c'est un blason, le blason du peuple ennobli par l'art.
Ce blason, après tout, en vaut bien un autre. Avec la noblesse de race, la noblesse de robe, la noblesse d'épée et tous les autres genres de noblesse, il n'est pas mauvais que nous ayons une noblesse du travail et de l'art.
Voltaire, qui a dit tant de bonnes choses, a dit ceci :
Vous mettez la grandeur
Dans les blasons ; je la veux dans le cceur.
Trois cent trente-sept sociétés chorales avaient envoyé leur adhésion au comité de l'organisation musicale de l'Exposition internationale. Ils auraient tous voulu venir saluer ce Paris dont on a tant de fois parlé au village, et visiter cette merveille de tous les peuples qu'on admirait au Champ-de-Mars ; mais si dans le service de l'Autriche le militaire n'est pas riche, clans les rangs de l'orphéon tous ne possèdent pas vingt-cinq mille livres de rente, et les chemins de fer, — excepté, nous l'avons vu, la ligne du Midi—n'ont fait aux chanteurs populaires qu'une diminution de cinquante pour cent sur le prix des places. Ah I si les compagnies avaient accordé généreusement, comme le Midi, soixante- quinze pour cent, toutes les difficultés eussent été levées, et il n'est pas une bourgade en France qui, après ces grands jours d'émotion et de gloire intellectuelle, n'eût été attentive aux récits des orphéonistes, revenus des fêtes de la paix comme les soldats reviennent des périls de la guerre. Mais il parait que les compagnies de chemins de fer, en dehors de la ligne du Midi, y auraient perdu ou qu'elles y auraient moins gagné, et il n'y a pas à discuter avec les représentants de l'empire de la vapeur qui est l'empire du monde.
Donc deux cent soixante-douze orphéons seulement, sur trois cent- quarante sociétés qui avaient répondu à l'appel du comité, se sont senti assez de foin dans les bottes pour ne pas craindre de coucher sur la paille à leur arrivée dans Paris. C'était encore au total environ cinq mille troubadours d'un peu de tous les départements de la France :
ET LES INSTRUMENTS DE. MUSIQUE. las
Ain, Aisne, Aube, Aude, Ardèche, Ardennes, Ariége , BaS-Rhin , Bouches-du-Rhône, Calvados, Charente , Côte-d'Or, Creuse, Deux- Sèvres, Dordogne, Drôme, Eure, Eure-et-Loire, Finistère, Gard, Gers, Gironde, Hérault, Haute-Garonne, Haute-Loire, Haut-Rhin, Hautespyrénées, Haute-Savoie, Haute-Vienne, Ille-et-Vilaine, Isère, Landes, Loir-et-Cher, Loire-Inférieure, Lot, Loire, Marne, Mayenne, Meurthe, Meuse, Moselle, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Pyrénées-Orientales, Rhône, Saône-et-Loire, Sarthe, Savoie, Seine, Seine-et-Oise, Somme, Tarn, Tarn-et-Garonne, Var, Vaucluse, Vienne, Vosges, Yonne.
Les orphéonistes ont chanté les douze choeurs dont nous venons de lire les titres avec un ensemble très-satisfaisant et des nuances qui témoignent de leurs progrès incessants. Le Dentine, saluant, par ce peuple harmonieux accompagné de l'orgue et de la musique militaire, avec des tambours battant aux champs, a produit un effet entraînant. Les applaudissements ont éclaté de toutes parts. On a aussi beaucoup applaudi le Temple de la Paix et les Traineaux, deux nouvelles compositions de notre excellent maître, Ambroise Thomas, et on a voulu entendre deux fois la Noce de Village, de Laurent de Ruilé, un petit chef-d'oeuvre d'esprit musical, une des inspirations mélodiques les plus franches de cet aimable compositeur, depuis longtemps populaire. L'Ilyntne à la Nuit, de Rameau, avec sa terminaison poétique à bouche fermée, a produit la plus heureuse impression.
Entre les deux parties du programme vocal, la musique de la Garde de Paris, conduite par Paulus, a fait une très-agréable diversion. De chaleureux applaudissements ont retenti après chaque solo de cornet it pistons, et l'habile musicien qui en jouait n'oubliera pas cette journée.
En somme, on s'est retiré très-satisfait de la séance. Les orphéonistes auraient pu être réunis en plus grand nombre, mais il ne faut pas oublier que l'histoire du chant choral français est l'histoire d'hier, et que le premier festival chantant, organisé par les soins de M. Delaporte, date de 1849. Il eut. lieu à Troyes, et au prix de quels efforts I Delaporte, en missionnaire de l'art, parcourut à pied le département de l'Yonne, celui de l'Aube, pour passer dans ceux de Seine-etManie et de la Marne. Il prêcha la croisade chorale et réunit 900 orphéonistes, tout ce qu'il était possible de réunir.
Encouragé par ce premier succès, il put, clans la même année, organiser un second festival à Sens. Il lui fallut payer les frais de voyage
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des troubadours enrôlés. C'était dur, quand comme M. Delaporte, en n'avait pas les moyens de voyager soi-même.
Depuis cette époque, un certain nombre de festivals réunirent des chanteurs par milliers, et nos ménestrels, on ne l'a pas oublié, te. versent le détroit pour aller faire une descente en Angleterre, qui n'était point celle qu'avait méditée Bonaparte ni Hoche. De pareilles invasions ne sont à craindre pour personne, et quand elles se produisent quelque part, c'est toujours au profit des sentiments de concorde el de fraternité.
Les hommes éclairés et sans parti pris n'ont pu voir et n'ont vu dans la manifestation du peuple artiste français, convié à Paris par l'Expo. sition internationale, que le triomphe de l'esprit démocratique et l'as. piration ardente et honnête des masses à s'élever par l'intelligence, dans la voie du progrès universel. Ainsi considérée, cette page de notre histoire musicale restera comme un fait caractéristique digne des plus sérieuses méditations.
Du reste nous n'avons suivi en cela que l'exemple de l'Allemagne.
L'Allemagne, en effet, est la mère de l'orphéon, et nos fêtes chorales ne sont que des imitations souvent heureuses de celles que nos voisins d'outre-Rhin ont inaugurées. Le relevé suivant nous en offre la preuve.
En 1826, il a été donné deux fêtes orphéoniques 'en Allemagne; en 1827, deux ; en 1828, deux ; en 1829, deux ; en 1830, deux ; en 1831, trois ; en 1832, quatre; en 1833, six ; en 1834, onze ; en 1835, treize; en 1836, treize ; en 1837, dix-sept ; en 1838, onze ; en 1839, vingt-trois; en 1840, dix-neuf ; en 1841, dix-huit ; en 1842, vingt ; en 1843, trente; en 1844, trente-six ; en 1845, quarante-sept ; en 1846, soixante-quatorze : ce qui forme un total de 355 réunions musicales de chœurs d'hommes en vingt ans,
Un pareil résultat explique et pouvait faire présager le développement si considérable de l'Orphéon français qui grandira encore, malgré certains spéculateurs qui l'auraient déjà tué, s'il n'était né si viable.
JOURNÉE DU SAMEDI.
Le lendemain, samedi, concours général de toutes les divisions °robé- °niques, dans le parc et le jardin de l'Exposition. Les serres sont devenues pour la circonstance des salles de concerts, et je n'ai jamais rien vu de plus pittoresque et de plus original que cette assemblü de chanteurs, — dont quelques-uns, nous l'avons dit, étaient revêtus du
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 154
costume traditionnel de leur pays,-- chantant au milieu des cocotiers, des cactus, des,palmiers et de toutes les plantes exotiques, devant des auditeurs debout ou mollement couchés sur la terre labourée. Avec un peu d'imagination, on aurait pu croire à une symphonie végétale, dans ces théâtres de verre, appelés serre monumentale, serre aux plantes grasses, serres Michaux, serre Basset, serre Herbeaumont, etc.
Retenu par mes fonctions de membre du jury, dans la serre monumentale désignée pour les concours de la première section de la division supérieure, j'ai pu savoir par moi-même tout ce qui s'y est passé. En première division, c'est l'Orphéon bitterois, composé de quarante- deux membres, qui a eu la palme, à la majorité de onze voix sur treize. Cette société , remarquable par sa belle tenue, ses voix de basses et un très-bon sentiment musical, a chanté avec beaucoup d'effet les Martyrs ana Arènes et les Bergers. On sent que ces larynx harmonieux et sonores ne sont pas débilités par la limonade, et qu'ils sont, au contraire, fortifiés par l'excellent vin de Béziers qui, dans les années moyennes, se vend chez le tign eron ii centimes le litre, Ils n'en ont pas en Angleterre... it ce prix, du moins.
L'Orphéon de Tarascon est plus remarquable encore peut-être que celui de Béziers, sous le rapport du style et de la délicatesse des nuances. Ce sont des chanteurs véritables que ces troubadours de Tarascon, et ils étaient là une douzaine de ténors qui chantaient comme un seul primo nom° d'un de nos théâtres lyriques. Mais l'Orphéon bitte- rois est plus complet, plus à effet, par conséquent, et il était juste qu'il eût la première mention. C'est à l'unanimité que l'Orphéon de Tarascon a remporté le second prix dont sa bannière est décorée.
A l'École militaire de gymnase de Joinville-le-Pont est échue la troisième médaille.
On sait que cette école a été fondée pour former des professeurs de gymnastique destinés à l'armée française de terre et de mer. Il y avait là des marins et des soldats de toutes armes, à l'oeil vif, à l'intelligence ouverte, qui ne sont pas plus maladroits de leurs pieds et de leurs mains que de leur gosier. Élèves de l'école du chiffre, ils font honneur à cette école.
Citons encore le Choral du Louvre, qui a obtenu un très-honorable quatrième prix.
Trois sociétés seulement ont pris part au concours de la division
IM LA MUSIQUE, LES musIMÈNs
supérieure, dans cette serre monumentale où la malignité du gamin (le Paris n'aurait pu remarquer aucun melon sous cloche. Ces trois sociétés ont mérité chacune un prix , dans l'ordre que voici : Parisienne (35 chanteurs ) ; 2° les Nemtriens , do Caen, sous l'exeet lente direction de M. Lechangcur ; 3° la Société chorale de Poitiers.
Les Ncustrions ont chanté un choeur de Kucken, In Wahle , gui a fourni l'occasion à un des membres de cette société, M. Bénard, de se faire applaudir dans un solo (lit avec goût et une voix sympati• que.
D'après la récente ordonnance du ministre de la guerre, qui prescrit les orphéons dans les régiments, on a vu plusieurs fois nos soldats clen• teurs figurer dans le concours. Sans attaquer la double croche avec autant de sûreté et d'entrain qu'ils en mettraient à enlever une redoute, nos braves conscrits de l'harmonie se sont tirés à leur avantage de leur lutte musicale entre eux, et ils ont pu supporter la comparaison me les simples pékins qui, en fait de chant choral , sont déjà de vieux grognards. On ne lira pas sans intérêt le rapport de M. de Lajarte, qu'os trouvera plus loin, sur cet engagement d'un nouveau genre par le troupes françaises. C'est la petite guerre de l'art.
Mais la grande attraction de cette journée devait être nécessairement le concours de la division française d'excellence, pour lequel,nous l'avons vu, sept sociétés étaient inscrites :
La société impériale des orphéonistes de Lille a remporté tous les suffrages et a seule obtenu le premier prix à l'unanimité. Cette société sans rivale a fait entendre; outre le choeur imposé, une composition très- difficile et fort belle, l'Hymne de la Nuit, d'un compositeur belge, M. Hanssens. Il n'est guère possible de chanter avec plus d'ensemble, une meilleure diction , une justesse plus parfaite et un meilleur style, sauf quelques exagérations de nuances. Ces fiers Lillois n'ont pas été moins heureux dans l'i nterprétation du choeur imposé Les Fils de l'Égypte, très-difficile aussi, mais poétique et bien écrit pour les voix, composé pour la circonstance par Laurent de Rillé.
On peut juger approximativement de la musique par la descriptionde cette scène, mouvementée et très-variée, due à notre ami Gustave Chouquet. Des bohémiens ont fait halte sur une plage. Minuit sonne, A quelle horloge? Cela n'est pas dit. N'importe, minuit sonne, et is lune éclaire seule de ses rayons argentés la bande des aventuriers qui boivent et jouent, comme des bohémiens d'opéra comique qu'ils sont.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 133
Cependant le chef donne le signal de continuer la route. Le vent se lève, la tempête siffle, tonne, frappe et roule de tous ses instruments invisibles. Aux voix de la nature en fureur se mêlent les cris et les imprécations des joueurs et des buveurs. Parfois la tempête des passions humaines semble dominer celle des éléments. Les couteaux sont sortis de leur géhenne comme dernier argument, et le sang va couler, quand la Reine apparaît (ô ma souverainel...). Tout semble se calmer à cette apparition, les cœurs et les vents.Le bon ordre renaît, les fils de l'Égypte lèvent le camp, font leurs adieux aux bords qu'ils abandonnent:et partent. On les entend s'éloigner, , leurs voix s'affaiblissent et ils ne chantent déjà plus qu'on croit les entendre encore. Bon effet de perspective sonore.
Les sociétés qui se sont le p lu s distinguées après la Société impériale de Lille sont : l'Union chorale de Lille (bravo pour Lille) qui a obtenu 7 voix pour le second prix ; Les Enfants de Lutèce, qui ont remporté le 3' prix avec il voix, et l'Avenir de Marseille à qui est échu le 4° prix par 8 voix. Les Enfants de Paris et la Société Arnand-Cheré ont eu chacune 2 voix pour ce e prix.
Quant aux autres concours, on peut s'en former une juste opinion par les appréciations des divers jurys que nous avons recueillies et que nous donnons toutes dans leur intégrité.
Serre xxxxxx curule.
Jury : MM. Georges Kastner, membre de l'Institut, président ; Beaudoin, baron !layer de Sainte-Suzanne, Oscar Comettant , Delle-Sedie , Delotlre, Grosset , K. Lecomte, Marmontel, Soriano Fuertbs, de Saint-Julien , Sylvain-SaintKtienne, Warot, Wékerlin, Gébailer, secrétaire.
as division. — 4. section. Choeur imposé : INVOCATION.
Orphéon de Verrières-le-Buisson, 42 exécutants. — Absence de justesse dans le choeur imposé. L'exécution des Paysans manque de caractère. Les mouvements marqués ne sont pas suivis.
Chorale NOU2022110iSC , 32 exécutants. — Dans l'Invocation, les mouvements sont trop lents, — manque absolu de couleur. L'Hymne à la Nuit a été chanté avec mollesse.
Société Chevé de Levallois-Perret, 27 exécutants. — Société supérieure aux
précédentes et paraissant méme concourir dans une section au-dessous de ses
forces. Le choeur Fuyons Venise est dit avec feu. Les voix sont malheureusement bien vulgaires. Nous engageons les membres de cette société à ne pas battre la
tG.4. LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
mesure d'une façon aussi évidente, cela nuit singulièrement à l'effet de l'exécution.
Enfants de la Mer, de Sérignan (Hérault) , 40 exécutants. — La justesse fait souvent défaut, mais les sociétaires chantent sans musique, ce qui indique une étude sérieuse des choeurs. Dans les Pêcheurs, de Vision, les nuances sont bien accusées. Il y a une intelligente recherche des intentions.
I'. division.
Choeur imposé MARTYRS Aux ARÈNES.
Orphéon de Tarascon, 29 exécutants. — Le début du choeur imposé manque de justesse. Dans le reste, les nuances sont bonnes. Le choeur S217. les Remparts est dit avec entrain. Douches fermées bien faites. Du mouvement, de la chaleur et une véritable conviction.
Les Enfants de Beauvais, 30 exécutants. La phrase : . Dieu des martyrs et des esclaves dans le choeur imposé , dite dans un mouvement beaucoup trop précipité. Les voix des ténors, presque toutes de gorge, laissent beaucoup à dési. rer. Les basses ont de la vigueur, maison reconnaît en elles l'influence du plain- chant. Dans les Lansquenets , le passage : « Versez donc à boire très-faux « Aujourd'hui l'orgie », sans aucun cachet; à partir de : s Trompettes, sonnez, détonation complète. Ce choeur est inabordable pour une société de cette force.
Le Louvre, 38 exécutants. — Les Martyrs, convenablement mais platement dits. La belle phrase . C'est l'heure de la récompense », d'une mollesse désolante. Dans le Cellier, dont le mouvement est vif, ia faiblesse des exécutants a paru moindre, parce qu'ils étaient entraînés par le mouvement mémo,
L'Orphéon biterrois , 42 exécutants. — Excellente société, conduite par un chef fort intelligent. Les voix sont bonnes. Les sociétaires chantent sans musique. Les nuances sont généralement observées avec exactitude. Il est fâcheux que cette Société ait une tendance e précipiter les mouvements, sans quoi il n'y aurait que des éloges à lui décerner. Il a paru au jury que l'Orphéon bitterrois aurait pu concourir avec succès dans une division plus élevée.
École militaire de , 90 exécutants. — L'école militaire
aborde le concours en bataillons serrés; 90 exécutants, quelle armée Le début des Martyrs , assez bien pris , quoique un peu crié ; « Frères, debout!, et la suite jusqu'à s Chantons « blondit. La Prière, mal comprise; l'effet en est presque nul, tandis qu'un grand effet était possible avec 90 voix. Dans l'Enclume, inème observation quant au résultat, médiocre comme sonorité obtenue par une telle masse d'exécutants, dont les voix sont d'ailleurs généralement communes.
Villeneuve-lès-Avignon, 38 exécutants. — La Société chante sans musique. Les voix sont jolies, celles des ténors surtout. Dans : Sur les Remparts, la phrase Sentinelles, garde à vous r, très•bien nuancée. Ce morceau tout entier a été dit trop lentement. Il y a, en somme, de la conscience et du goût dans cet orphéon.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 455
Division supérieure. — section.
Chœur imposé : LES TRA1NEAUX.
La Parisienne , 35 exécutants. — Le choeur imposé est un morceau fort difficile, tout de nuances et de finesse. Il a été bien dit par cette Société. Dans les Bergers, qui dans l'ensemble ont été très-agréablement chantés, les passages a sous le carillon des clochettes » et a pour t'accompagner en cachette o sont trop saccadés. L'exagération de cet effet le rend choquant.
Les Neustriens de. Caen, 40 exécutants.— Voix de ténors bien blanches. Voix de basses bien lourdes; le morceau les Traîneaux a paru bien difficile pour cette Société , dans la plupart de ses parties. Le choeur de ln nide n'a pas semblé suffisamment étudié, manque d'ensemble dans les attaques. Le solo a été (lit avec beaucoup de style et d'une fort jolie voix, par un baryton qui a obtenu personnellement les vifs applaudissements du public.
La Société chorale de Poitiers, 38 exécutants. — Le début du choeur les Traîneaux a laissé beaucoup à désirer. L'exécution manquait d'aplomb et d'homogénéité ; même reproche pour le début des Martyrs. Les oppositions très-nombreuses de ce choeur insuffisamment cherchées et faiblement rendues. Absence de justesse dans la prière ; la lin plus satisfaisante.
Le secrétaire : ERNEST GEBARER.
Théâtre international:
Jury : MM. Gévaért , président ; Charlot , H. Duvernoy , Th. Labarre , L. Lacombe, .1.-J. Masset , Ed. Monnaie, E. Pacini , E. Rodrigues , L. Gastinel , secrétaire.
Division supérieure. —2. section.
Choeur imposé L'ENCLUME.
Choral parisien , directeur M. Minard. — L'Enclume, Cette Société a de la fermeté dans les masses, et son sentiment rhytinnique est excellent. Nous observerons toutefois que le timbre des basses est un peu commun lorsqu'elles chantent les Pan! Pan I —Le Chant des Amis. Ce morceau a été fort bien rendu aussi; signalons particulièrement le chant des basses accompagné à bouche fermée.
Société chorale du Mans, directeur M. Van Ghele. — ,e'Enclume. Le commencement de ce morceau a été parfaitement compris; mais, quelques mesures seulement après, les voix deviennent rudes et incertaines comme justesse. Les Pan I Pan t sont trop clairs comme émission du son , surtout aux ténors ; le style, bien. Le Tyrol. Commencement consciencieusement étudié, les nuances, pas mal, les effets enflés. Peut-être, dans l'ensemble du morceau, pourrait-on trouver les contrastes un peu exagérés. Le crescendo de l'orage , bien.
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456 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
L'Ensemble de Paris, directeur M. Damas. — L'Enclume. Le début ne nous a pas paru parfaitement juste; cependant, constatons de sérieuses qualités dans l'interprétation de ce morceau.—Les Chants lyriques de Saül. Les suitesharmoniques de cette composition n'ont pas été toujours compréhensibles, par le manque de justesse. Le passage qui commence aux rôles : ' Silence t ô lyre » , a été dit trop lent; d'autre part, nous signalerons trop de rapidité dans quelques- uns des fragments qui suivent.
Les Enfants de Choisy-le-Roi , directeur M. Legrand. — L'Enclume, Gaule et France. L'ensemble de ces deux morceaux a été satisfaisant; mais l'exécution pèche principalement par le manque de fidélité dans l'interprétation de tous les détails. Veiller aussi à la bonne sonorité des voix.
Sainte-Trophyme de Mondragon , directeur M. Marron. — L'Enclume. L'interprétation de ce chant a été incolore; mais les voix de cette Société peu nombreuse (elle est formée de vingt membres seulement) nous ont surpris par leur grande sonorité. Voilà une qualité naturelle qui , bien dirigée, peut assurer dans l'avenir des succès à cet Orphéon. — L'Adieu des Pasteurs , effet languissant comme nuance; les piano sont par trop négligés , et le passage où la prononciation des syllabes est rapide a été confus.
2' division.
Chœur imposé : L'AFRICAINE.
Société chorale de Nantes, directeur M. Perez. — L'Africaine. La première partie de ce chœur mérite des éloges par sa bonne exécution ; la tin nous a laissé un souvenir moins favorable. — Une Révolte à Memphis. Le mouvement large du commencement a été parfaitement dit. De l'ampleur clans les voix ; bonne sonorité; bonne prononciation : telles sont les qualités quo nous avons remarquées clans cette Société, qui ne compte encore que quatre années d'existence , et qui , certainement, si elle persiste dans des travaux consciencieux , prendra avant peu une place importante parmi nos meilleures sociétés °relié°. niques.
L'Orphéon. de Bédariena, directeur M. Roger. — L'Africaine. Cet Orphéon a fidèlement exécuté toutes les indications de l'auteur. La seule chose que nous aurions à lui reprocher serait un peu de mollesse et de vague dans le style. Les: voix sont bonnes; surveiller toutefois les basses, qui ont une tendance à la rudesse.— Gaule et France, mêmes remarques; mais nous trouvons ici une force plus tempérée dans les ppssages vigoureux , plus de franchise dans le style , et une netteté plus complète dans l'ensemble de l'exécution.
Société chorale de Maubeuge, directeur M. Guillot. — L'Africaine , début bien , prononciation bonne. L'ensemble de ce morceau , quoiqu'un peu lourd est satisfaisant. — La Chapelle du Vallon. L'intonation a été un peu vacillante au commencement, et pour l'imitation des Cloches, il fauchait fermer davantage la bouche; cet effet ainsi rendu n'est pas exact : il est trop fort et éclate trop brusquement. Nous nous permettrons de demander à cette Société pourquoi elle a
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 187
choisi un choeur d'un mouvement généralement lent, ayant déjà à dire celui de l'Africaine , morceau se trouvant dans des conditions à peu près analogues ? Uneeomposition d'une allure plus vive aurait offert plus de contraste, et par cela même donné à cette Société la possibilité de faire preuve de qualités plus variées.
Les Allobroges de Paris, directeur M. Boirard. — L'Africaine , les Martyrs aux Arènes. Bien comme étude, style correct et distingué; l'influence d'un bon chef se fait sentir dans l'exécution de cet Orphéon.
Orphéon de Provins, directeur M. Haye. — L'Africaine. Bon début, les nuances sont généralement bien faites, le mouvement a été pris trop vite ; assez bonne émission de la voix. — Les Paysans. Ce choeur a été mieux chanté que le précédent. Cet Orphéon est dans une voie sage et riche en résultats favorables pour l'avenir. Signalons encore, avant de finir ce paragraphe, le timbre charmant de la voix de l'Un des ténors.
Neuville-sur.Saône , directeur M. Guimet. — L'Africaine, le début n'a pas été heureux comme justesse , la fin mieux.— La Fête du Pays. Ce morceau a été de beaucoup supérieur au précédent, en ce qui concerne les intonations surtout. Choral de Saint-Bernard de Paris , directeur M. Morand. — L'Africaine , commencement pas mal, assez juste ; mais, arrivée au passage sur ces paroles : i^ la cime des flots , l'intonation devient douteuse. — Les Ruines de Gaza. Le débuta Nous avons brisé les idoles » est assez réussi; ensuite après, malheureusement, les ténors se sont mis à chanter trop bas, et jusqu'à la fin ce même défaut s'est reproduit.
Choral Saint-Jacques de Paris, directeur M. Maté. — L'Africaine, la Muette. Les études fondamentales nous paraissent encore nécessaires pour cet Orphéon. Soigner l'émission de la voix, la prononciation, chercher à obtenir plus de netteté dans l'exécution des nuances, ce sont là des points principaux qui doivent fixer l'attention de cette Société.
Orphéon de Laval, directeur M. Devaux.—L'Africaine, début faible ; les ténors ont eu continuellement dela dureté dans l'émission du son. —L'Enclume, un peu mieux.
La Neustrienne d'Orbec, directeur M. Lilimann. — L'Africaine, les Matelots de l'Adriatique. Il y a des qualités dans cette Société, mais l'ensemble de l'exécution a été peu saillant ; le deuxième choeur toutefois a été mieux dit que le premier.
La Lyre de Crest, directeur M. Albarel.—L'Africaine. Ce morceau a été rendu faiblement, les études qui lui ont été consacrées n'ont pas été assez sévères ; une quantité de détails peu importants en apparence , mais qui le sont cependant, ont été négligés. — Le Départ des Compagnons. Beaucoup mieux que le premier.
Le Cercle orphéonique de Condom, directeur M. Bondu. — L'Africaine , Sur les Remparts. La justesse demande à être étudiée plus minutieusement,surtout chez les ténors ; il y en a un qui a chanté continuellement trop haut.
458 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
Orphéon d'Argenteuil, directeur M. Lambert. — L'Africaine, peu de justesse , exécution pâle et manquant d'ensemble. —Les Martyrs aux Arènes. Mieux, sans doute, que le premier morceau. Mais iei , avant de terminer, qu'il nous soit permis de placer une réflexion.
Si cet Orphéon , ainsi que les sept précédents dont nous venons de parler , consentaient à étudier exclusivement pendant quelque tempsles causes premières de toute bonne exécution, c'est-à-dire le sonorité, l'intonation , la mesure, et en dernier lieu le style, le résultat serait tout autre, et viendrait bientôt, nous l'assurons, les récompenser largement de leurs efforts et de leurs travaux. Qu'ils en tentent l'essai : l'avenir leur prouvera , mieux que tout ce que nous pourrions dire, la vérité et la justesse de ces paroles.
Le secrétaire : L. GASTINEL.
Pavillon de Mimique. (Jardin réservé.)
Jury : MM. Boïeldieu, président; Bourgault , Chauvet , Méreaux, Révial, Stéenmann, Werrimsl, Vogel, Aug. Parmentier, secrétaire.
3. DIVISION. — 4fe section.
Groupe A.
Choeur imposé LA NOCE DE VILLAGE.
La Sainte-Cécile de Castel-Sarrazin, 30 membres, directeur M. Holé. —Choeur imposé. Commencement passable, peu de justesse, ensemble douteux. Choeur choisi : les Moissonneurs de la Brie. Après un début assez satisfaisant, grande faiblesse , soli mous, ensemble dur ; il faudrait plus de fusion dans les parties.
Société chorale de Saint-Maixent, 37 membres, directeur M. Bernazet jeune.— Choeur imposé. Impression satisfaisante, sauf pour les passages dialogués. Choeur au choix : les Moissonneurs de la Brie. Des nuances et assez de sentiment, de la justesse.
Société philharmonique de Condom, 38 membres , directeur M. Ercemer. — Choeur imposé. Recherche des nuances un peu affectée, bon comme ensemble , assez satisfaisant. Choeur au choix : la Veillée. Manque de justesse à certains passages, assez de sentiment; le dernier choeur assez réussi.
Orphéon de Bar-sur-Aube, 28 membres, directeur M. Herzog. — Choeur imposé. Intonations douteuses, soli faibles, ensemble passable. Choeur au choix : Hymne ri l'Harmonie. Ténors trop découverts ; peu de sentiment du sujet; de la mollesse.
Orphéon de Thann, 16 membres , directeur M. Michel. — Choeur imposé. Beaucoup d'énergie , les basses douées de belles voix, les ténors en très-petit nombre, mais résolus. Choeur au choix : les Maçons. Énergie et verve , ensemble satisfaisant, petite société très-estimable et digne d'encouragements.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 439
Orphéon de Saint-Jacques de Castres, 40 membres , directeur M. Sauvaget. — Choeur imposé. De l'ensemble, de la vigueur, de l'esprit, bonne direction et bonne exécution. Choeur au choix : les Martyrs aux Arènes. Justesse, énergie , sentiment, très-bien.
Société chorale de Noisy-le-Sec, 23 membres , directeur M. Cordon. — Choeur imposé. Pas d'ensemble, reprises faibles. Choeur choisi : les Enfants de Paris. Assez d'ensemble, mais pas de sentiment.
Le Kremlin de Gentilly , 25 membres, directeur M. Reuet. — Choeur imposé. Bien nommé, de la justesse, bonnes basses. Choeur choisi : les Martyrs ana Arènes. Sentiment du sujet, exécution assez bonne, résultats satisfaisants.
Le Secrétaire : AUG. PARZENTIM.
Serre aux Palmiers (Derbeaumant).
Jury : MM. Dupiez, président ; Paulus , Pasdeloup, E. Prévost, Vandenheuvel , secrétaire.
3' division. — Pe section.
Groupe B.
Chcour imposé LA NOCE DE VILLAGE.
Chorale autienoise, directeur M. Vény. — Le choeur la Noce a été bien rendu , sauf le style. Le choeur Castor et Pollux était mal choisi. Dans le début, il y a eu tendance à baisser ; la fin meilleure; le mouvement de ce choeur trop vite.
Orphéon de Pantin, directeur M. Porchet. — La Noce, les Paysans; les basses, dans les deux chceurs, ont baissé ; les deuxièmes ténors sont faibles; les silences pas très-bien observés, beaucoup de vigueur.
Orphéon de Breloux , directeur M. Airault. — La Noce, les Paysans ; dans le premier choeur, cet orphéon devait avoir le prix ; mais le second choeur, chanté faux au début, rétabli plus juste à la suite , a fait le plus grand tort à cette Société, qui a énormément d'avenir.
Union lyrique de Lyon, directeur M. Pecnot. — La Noce , Combat Naval ; monté beaucoup, puis descendu presque continuellement; vigueur ; manque de sonorité d'ensemble; deuxièmes ténors ayant l'attaque douteuse.
Galinistes de Melun , directeur M. Bouchard. — Le premier choeur, la Noce, a été bien exécuté, mais le deuxième chœur , le Soir , très-mal rendu , énormément monté.
Chorale d'Anreecy, directeur M. Nierrat. — Cette Société manque d'ensemble dans les attaques et dans les nuances d'opposition , qui sont faiblement indiquées.
Orphéon de Sarcelles, directeur M. Gay. — Cette Société s'est plaintede ce que
460 LÀ MUSIQUE, LES MUSICIENS
l'on n'ait pas agréé sa demande d'être classée une section en dessous. Ténors bons; basses médiocres.
Boulogne-sur-Seine, directeur M. Foucard; Orphéon de Sceaux, directeur M. Quénard. — Ces deux Sociétés n'ont pas assez de style (les intentions et les nuances ne sont pas suffisamment observées), l'émission, l'unité de mesure ont besoin d'être surveillées davantage.
Orphéon de Vitré. — A été un peu faible , mais prendra sa re7anche dans un prochain concours,
Le secrétaire : VANDENHEUTEL•
Serre aux Plantes grasses.
Jury : MM. Semet, président; Constantin, Couder, Diaz fils, Hubert, Nibelle, Rabaud, Thys, Réty, secrétaire.
3' division. section.
Choeur imposé : LE TEMPLE DE LA PAIX.
Société chorale de Saint-Dié , 42 exécutants, directeur M. Demery. Donne
exécution du choeur imposé; qualités d'ensemble et de sonorité; syncopes bien faites : de la justesse, quoique ayant un peu baissé à la fin.Le Soir a été bien dit; on doit cependant recommander en quelques endroits une observation plus exacte des valeurs.
Société chorale de Brest , 18 exécutants, directeur M. Gouzien. — Assez bon sentiment musical ; de la justes., mais peu de sonorité et de la mollesse ; manque de netteté dans quelques entrées , ainsi que dans les attaques d'ensemble.
Enfants de Saint-Jacques de Houclan,22 exécutants, directeur M. l'abbé Crépir], — A exécuté assez fidèlement la note du choeur imposé, mais lourdement, sans sonorité ni sentiment musical. — Les Chasseurs de Vincenne , début trop lent, confusion dans la fin; baissé d'un demi-ton.
Chorale Stanislas de Lunéuille , 22 exécutants. — Choeur imposé, trop lent justesse quelquefois douteuse, pas assez de nuances. Mêmeebservations pour la Chapelle du Vallon.
Orphéon d'Aignan , 22 exécutants, directeur M. Planté. — Bonne attaque du choeur imposé , mauvaise émission de sons élevés dans les ténors; quelques fautes de justesse. Les Enfants de Paris , assez de franchise dans le rhythme ; manque de style; bonnes basses.
Enfants de l'Avenir de Crest, 43 exécutants, directeur M. Aubert. — Le choeur imposé a été dit avec intelligence; bonnes voix,bonne sonorité,un peu lourde peut-être. Excellente exécution du Vin des Gaulois; voix bien équilibrées; bonnes attaques , de la précision et de la netteté. Preuve brillante de ce quo beaucoup d'Orphéons pourraient faire sous une bonne direction.
. ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. lei
Société chorale de Lusignan, 30 exécutants.—Manque de justesse dans le début du choeur imposé ; assez bonne sonorité, niais pas de rhythme et absence de sentiment musical. Mêmes défauts dans l'Aubade.
Orphéon de Castelnau-Médoe, 17 exécutants, directeur M. Arberet. — Assez bonnes voix. Exécution passable du choeur imposé. Nous recommandons l'observation exacte des valeurs. Le choeur de Gaule et France a bien marché, mais mollement et sans assez de style. Cette Société manque de vigueur et d'accent. Nous appelons sur ce point l'attention du directeur.
Orphéon de Deuil , 14 exécutants , directeur M. Leraut. — Le choeur imposé et les Martyrs aux Arènes nous paraissent trop difficiles pour cette Société.
Société chorale de Froarn , 17 exécutants , directeur M. Thieulin. — De la justesse et de l'ensemble, mais une grande mollesse , peu de nuances et une sonorité terne.
Orphéon de Capestang , 31 exécutants , directeur M. Dieulafé. — Le choeur imposé a été bien attaqué, mais trop vite. Il faut louer dans cette Société la franchise du rhythm, tout en signalant les syncopes mal faites. Les Enfants de Paris, attaqué aussi trop vite; l'exécution a été bonne, mais un peu sèche.
Orphéon de Vaux, 24 exécutants , directeur M. Retif. — A rendu exactement le choeur imposé,mais sans assez de style. Dans les Paysans, signalons de réelles qualités, le soin, la justesse, mais le même manque de style. Somme toute, cette Société mérite de grands encouragements.
Union chorale f Emenerin , 26 exécutants, directeur M. Bar. — Bonnes voix , justesse parfois douteuse dans le choeur imposé, syncopes mal faites. Le choeur des Buveurs a été mieux, mais nous engageons le directeur à veilles' soigneusement àl'étudedes parties séparément.Il suffit d'une voix douteuse pour empêcher une parfaite justesse.
Orphéon d'Aubervilliers , 20 exécutants, directeur M. Cantarel. — Exécution exacte du choeur imposé , bonne dans l'ensemble et dans les détails; de la justesse, mais pas assez de nuances. Bonne exécution des Paysans.
Orphéon de Vincennes, directeur M. Peny. Bonne attaque du choeur imposé
quoique un peu brutale; exécution intelligente et exacte, du rhythme et de la vigueur. Mauvais début des Martyrs aux Arènes, les voix ont monté dans ce morceau de plus d'un demi-ton.
Le secrétaire : E. RÉTv.
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